Enfants piégés dans une grotte en Thaïlande : un an après, que sont-ils devenus ?

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Thaïlande : le sauvetage des enfants piégés dans une grotte

MIRACULÉS - Le 23 juin 2018, douze adolescents et leur entraîneur de football se retrouvaient coincés dans une grotte inondée, en Thaïlande. Mobilisés nuit et jour, les secours avaient pu les sauver après 18 jours sous terre. Un an après, les rescapés sont des stars, mais vivent toujours dans le même village pour la plupart.

Leur histoire avait tenu en haleine le monde entier pendant plus de deux semaines : douze enfants et leur entraîneur de foot, coincés dans une grotte inondée en Thaïlande, finalement sauvés grâce à une opération de sauvetage internationale. C’était il y a un an jour pour jour, le 23 juin 2018, qu’ils entraient dans la grotte de Tham Luang, avant d’être pris au piège. 


Pour le premier anniversaire du drame, une course de charité était organisée près des lieux. Environ 5.000 coureurs et cyclistes y ont participé, parmi lesquels certains des adolescents rescapés, comme Pornchai Kamluang. "Cela a été une telle expérience. J'ai beaucoup appris sur les Thaïlandais, notamment notre unité", témoigne-t-il. Il ne peut en dire plus : comme tous les membres de l’équipe de football des "Sangliers sauvages", il n'a pas le droit de s'exprimer, tenu par une stricte clause de confidentialité avec Netflix. La plateforme prévoit en effet une superproduction sur leur histoire. 


D'après la presse américaine, les adolescents âgés de 11 à 16 ans auraient perçu chacun quelque 100.000 dollars, une somme considérable pour ces jeunes issus, pour certains, de minorités ethniques pauvres et marginalisées. Depuis les événements, les rescapés ont acquis un nouveau statut : Adul Samon-On, 14 ans au moment des faits, est aujourd’hui suivi par plus de 100.000 personnes rien que sur Instagram. Apatride, sans statut légal dans le royaume, comme deux de ses coéquipiers, Adul a par ailleurs obtenu la citoyenneté thaïlandaise.


La renommée des "Sangliers sauvages" est mondiale : ils ont voyagé cette année de New York à Londres en passant par Buenos Aires, invités par des clubs de football professionnels et la vedette américaine des talk-shows Ellen DeGeneres. 

"Notre famille est restée la même"

Pour autant, la plupart des jeunes footballeurs sont restés vivre dans leur village. Ils arpentent les mêmes cours d’écoles et le terrain de foot de la petite ville de Mae Sai, située à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, à quelques kilomètres de la grotte. "Notre famille est restée la même", "quand les enfants participent à des événements (...) nous ne recevons pas d'argent", assure la mère de l'un d'entre eux.


L’entraîneur des adolescents, Ekkapol Chantawong, seul adulte du groupe de rescapés, est quant à lui aujourd’hui à la tête de la société "13 Thamluang" créée par le gouvernement pour protéger les intérêts des "Sangliers sauvages". "Ek" s'est engagé à en reverser 20% à des organisations caritatives. Ancien moine apatride, il a lui aussi obtenu la citoyenneté thaïlandaise, et a monté son propre club de foot, l’ "Ekkapol Academy". Le club accueille une trentaine d'enfants de 5 à 15 ans, dont neuf des adolescents piégés à Tham Luang.

Lieu touristique

La grotte, justement, est toujours fermée au public. L’argent récolté lors de la course caritative doit aider à sa réouverture. Mais même fermé, l’endroit s’est transformé en véritable site touristique. Au coeur d'une zone montagneuse et enclavée du nord du pays, la grotte était auparavant un lieu tranquille, loin des circuits touristiques, accueillant 5.000 visiteurs par an. Cette année, "d'octobre à avril, nous avons reçu 1,3 million de touristes", indique le responsable du site. Des Thaïlandais mais aussi des étrangers, avec des pics de 25.000 visiteurs par jour pendant le week-end du jour de l'An.


Les autorités veulent faire de la grotte un pôle touristique majeur pour la région, avec notamment un centre commercial et des campings en projet à quelques kilomètres. Un centre d’information a déjà ouvert ses portes : sa boutique y vend T-shirts, pins ou encore porte-clés à l'effigie des "Sangliers sauvages".


Non loin de l’entrée de Tham Luang, la statue de Saman Gunan, ex-membre des commandos thaïlandais de marine, mort après avoir apporté du matériel dans la grotte, rappelle la difficulté qu’a posé le sauvetage des adolescents.

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