RAPT - Le groupe islamiste armé Boko Haram a revendiqué, dans une vidéo diffusée lundi, l'enlèvement de plus de 200 lycéennes mi-avril dans le nord-est du Nigeria, promettant de les traiter en "esclaves", de les "vendre" et de les "marier" de force.

"J'ai enlevé les filles. Je vais les vendre sur le marché, au nom d'Allah." Dans une vidéo de près d'une heure obtenue par l'AFP, Abubakar Shekau est revenu sur l'attaque perpétrée par Boko Horam à la mi-avril au Nigeria. Le groupe islamiste qu'il dirige a en effet enlevé plus de 200 lycéennes, et promet désormais de les traiter en "esclaves", de les "vendre" et de les "marier" de force.

"J'ai dit que l'éducation occidentale devait cesser (ndlr : Boko Haram signifie "l'éducation occidentale est un péché" en langue haoussa). Les filles, vous devez quitter (l'école) et vous marier" a martelé Abubakar Shekau, qui a précisé garder "des gens comme esclaves". Si l'image est floue, on aperçoit assez clairement le visage du chef islamiste, en treillis militaire devant deux pick-up sur lesquels sont installées des mitrailleuses. Des informations circulent sur le possible transfert des adolescentes au Tchad et au Cameroun voisins, où elles auraient été vendues pour 12 dollars chacune.

"Ils criaient, ils étaient grossiers"

Une situation sécuritaire alarmante, qui a conduit le président nigérian à sortir de son silence, dimanche. Goodluck Jonathan a donné l'ordre de "tout faire" pour garantir la libération des lycéennes, promettant que son gouvernement les libérera "sûrement". "C'est un moment d'épreuve pour notre pays (...), c'est douloureux", a-t-il ajouté, alors que les parents des 223 lycéennes nigérianes enlevées ont également demandé aux autorités samedi à Lagos de faire appel à l'aide internationale pour obtenir leur libération.

Par ailleurs, un journal nigérian a publié dimanche l'interview de deux jeunes filles ayant réussi à s'enfuir. "Ils sont entrés dans notre école et nous ont fait croire qu'ils étaient des soldats", rapporte l'une des deux lycéennes, Thabita Walse, au Sunday Punch. "Ils portaient des uniformes militaires, affirme-t-elle. Quand nous avons découvert la vérité, il était trop tard et nous ne pouvions plus faire grand-chose". "Ils criaient, ils étaient grossiers, ajoute sa camarade Amina Sawok, c'est pourquoi nous avons compris que c'était des insurgés". "Puis, ils se sont mis à tirer et ont mis le feu à notre école".

Boko Haram, qui vise la création d'un Etat islamique dans le nord du pays le plus peuplé d'Afrique, a déjà pris pour cible des écoles, des églises, des mosquées et des symboles de l'Etat et des forces de l'ordre depuis 2009. Mais cet enlèvement de masse, visant particulièrement des filles, n'a pas de précédent. Et constitue l'une des attaques les plus choquantes depuis l'existence de ce mouvement qui a déjà fait 1.500 morts depuis le début de l'année.

Lire aussi >> Nigeria : les lycéennes enlevées ont-elles été relâchées ?

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