Enquête russe : Donald Trump passe à l'offensive et raille le FBI sur Twitter

CONTRE-ATTAQUE - Après les aveux de Michael Flynn, ex-conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, selon lesquels il a bien menti au FBI, Donald Trump a réagi dans de nouveaux tweets qui ont fait polémique. Tant et si bien qu'il a décidé, dimanche, de contre-attaquer de nouveau, cette fois en étrillant le bureau fédéral.

Dimanche, Donald Trump s'est visiblement levé avec, en tête, l'idée de faire passer un sale quart d'heure au FBI. Dans une série de messages postés sur Twitter, le président américain a réagi au transfert d'un agent du bureau fédéral, écarté durant l'été de l'enquête sur une possible collusion entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump. Cet agent, Peter Strzok, était le directeur adjoint de l'unité de contre-espionnage du FBI, et a été transféré au service des ressources humaines après la découverte de SMS dans lesquels il dénigrait l'actuel président américain, révélaient samedi le New York Times et le Washington Post. Au moment des faits, Donald Trump n'était encore que le candidat du parti républicain à une élection présidentielle qui l'opposait à la démocrate Hillary Clinton. Les équipes du procureur spécial ont confirmé ce transfert, dimanche, sans s'attarder outre-mesure sur sa cause.

Selon les informations relayées par le New York Times et le Washington Post, Peter Strzok participait à l'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur une possible ingérence de Moscou dans le processus électoral américain et sur les possibles liens entre le Kremlin et l'équipe de campagne de Donald Trump. En 2016, il avait également tenu l'un des principaux rôles dans l'enquête menée sur l'utilisation par Hillary Clinton d'un serveur de messagerie privé, alors qu'elle était à la tête du département d'État, entre 2009 et 2013. Pour Donald Trump, l'occasion était donc trop belle pour ne pas passer à l'offensive : "Bulletin d'informations : UN AGENT ANTI-TRUMP DU FBI DIRIGEAIT L'ENQUÊTE SUR LES EMAILS DE CLINTON. Tout ceci commence à s'éclaircir", a-t-il ainsi commenté dans la matinée. 

Citant plusieurs sources dans leurs articles, le New York Times et le Washington Post affirmaient samedi que, Peter Strzok et un de ses collègues avaient dénigré le président américain à plusieurs reprises lors d'échanges par SMS, et témoignaient de leur souhait de voir la candidate démocrate remporter l'élection présidentielle. Ces messages ont été découverts à l'occasion d'un audit mené par le département américain de la Justice dans le but de déterminer les raisons qui avaient poussé le FBI à ouvrir un complément d'enquête dans l'affaire des emails de Hillary Clinton, une dizaine de jours seulement avant l'élection, et, ce, alors que l'affaire avait été classée sans suite quelques mois auparavant. Sans compter que ce complément d'enquête a été refermé une semaine plus tard, ce qui, selon l'ex-First Lady, a largement contribué à sa défaite. 

Cible privilégiée : le FBI de James Comey

Mais Donald Trump ne s'est pas arrêté là. Alors qu'il se trouve en plein coeur d'une nouvelle polémique sur une possible obstruction à l'enquête menée par Robert Mueller, le président américain a également attaqué le FBI en étrillant une nouvelle fois son ancien directeur, James Comey, qu'il a lui-même limogé en mai dernier, à la surprise générale. Ainsi, dimanche, le républicain a affirmé qu'il n'avait jamais demandé à James Comey d'arrêter ses investigations sur Michael Flynn, conseiller éphémère à la sécurité nationale. Celui-ci a reconnu, vendredi, avoir menti aux enquêteurs du FBI sur ses liens et contacts avec la Russie, et a promis son entière coopération aux enquêteurs. 


"Je n'ai jamais demandé à Comey de stopper les enquêtes sur Flynn. Encore une information bidon qui couvre un mensonge de plus de la part de Comey !", a écrit le président américain sur son compte Twitter. Avant de lancer une nouvelle salve : "Après des années de Comey à la tête du FBI, avec l'enquête bidon et malhonnête sur Clinton (et plus), sa réputation est en lambeaux, la pire dans l'Histoire ! Mais n'ayez crainte, nous allons lui redonner toute sa grandeur", a ainsi lâché le républicain.

Dans sa déposition datée du 7 juin dernier, à la veille de son audition devant la commission du Renseignement du Sénat, James Comey a assuré que le lendemain même de la démission du général Flynn, Donald Trump lui avait demandé de "laisser tomber" les enquêtes concernant ce dernier. Et le comportement de Donald Trump dans toute cette affaire en laisse plusieurs à Washington de plus en plus perplexes. Chez les démocrates comme chez certains républicains modérés, tel le sénateur Lindsey Graham, on se demande pourquoi la président américain tient-il tant à commenter toute cette affaire. 


Samedi, le républicain a écrit sur son compte Twitter qu'il avait décidé de congédier Michael Flynn, le 13 février dernier, parce qu'il avait menti au FBI et à Mike Pence, vice-président des États-Unis. Or, se faisant, cette formulation intime, selon plusieurs juristes et personnalités influentes au Capitole, que Donald Trump avait connaissance des mensonges de son ancien conseiller. Et si les affirmations de James Comey sont également véridiques, alors, estiment certains juristes et démocrates, cela pourrait mener à de sérieuses accusations d'obstruction à la justice.

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