Enquête sur les collusions avec la Russie :  qui est Roger Stone, ami et conseiller de Donald Trump, inculpé et arrêté

Enquête sur les collusions avec la Russie : qui est Roger Stone, ami et conseiller de Donald Trump, inculpé et arrêté

International
ETATS UNIS - Roger Stone a été arrêté vendredi et inculpé dans l'enquête sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de milliardaire républicain et Moscou. Il s'agit du dernier proche en date du président américain à être mis en cause par ces investigations empoisonnant son mandat.

L'enquête sur les éventuelles collusions entre la Russie et la campagne de Donald Trump se rapproche un peu plus de la Maison Blanche. Roger Stone, un ancien conseiller informel du milliardaire, a été arrêté vendredi, selon des médias américains. Un coup dur pour Donald Trump, qui voit cet ami de longue date chuter pour son sa participation à la campagne présidentielle en 2016.


Roger Stone, 66 ans, a été arrêté tôt vendredi matin à Fort Lauderdale en Floride, "à la suite d'une inculpation par un grand jury fédéral le 24 janvier 2019". Le procureur spécial Robert Mueller a retenu sept chefs d'inculpation, dont ceux de fausse déclaration, de subornation de témoin et d'obstruction à une procédure officielle, ont affirmé le New York Times et d'autres médias citant le bureau de Robert Mueller, le procureur spécial sur la Russie. Une arrestation guère surprenante, tant ce dernier avait Roger Stone dans le viseur depuis des mois. Et pour cause : pendant la campagne, il aurait communiqué avec le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, et avec le pirate informatique "Guccifer 2", qui ont publié des emails volés à Hillary Clinton et à son équipe de campagne. Les services de renseignement américains estiment que "Guccifer 2" est lié aux services secrets russes et pensent que WikiLeaks a été utilisé, peut-être sans le savoir, par la Russie pour faire fuiter des documents susceptibles de nuire à la campagne des démocrates.

"Je n'ai eu aucune conversation concernant une grâce"

Avec l'arrestation de Roger Stone, c'est un personnage bien connu du grand public américain qui chute. Agé de 66 ans, Roger Stone a débuté en politique en 1972 comme conseiller sur la campagne de Richard Nixon. Depuis, l'homme qui a un tatouage dans le dos de l'ancien président cultive une réputation sulfureuse. En témoigne un documentaire réalisée par Netflix il y a deux ans. On y découvre un personnage atypique, portrait de Nixon tatoué dans le dos, adepte de la petite phrase – "Wayne Barrett (ndlr : un journaliste décédé en 2017) était un morceau d'excrément humain se faisant passer pour un être humain. Va pourrir en enfer, connard" -, lequel n'hésite jamais à se mettre en avant. Il a d'ailleurs été considéré comme celui qui, durant la campagne, testait les éléments de langage avant que ceux-ci soit repris par Donald Trump. "Il goûte la nourriture du roi pour s'assurer qu'elle n'est pas empoisonnée, a estimé en août 2016 le chroniqueur du New York Times Timothy Egan. Si cela ne tue pas Roger Stone, cela ne tuera pas Donald Trump."

En décembre 2018, Roger Stone avait nié tout contact le créateur de WikiLeaks. S'attend-il à obtenir une grâce présidentielle? "Je n'ai eu aucune conversation concernant une grâce", avait-il répondu en décembre à cette question. Il avait aussi assuré qu'il ne témoignerait jamais contre Donald Trump. "Il n'existe aucune circonstance où je témoignerais contre le président, car cela m'obligerait à produire un faux témoignage", a-t-il dit. 


Le procureur spécial Robert Mueller, lui, semble bien décidé à aller au bout de son enquête. Il tente de déterminer depuis plus d'un an et demi s'il y a eu collusion ou coordination entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou en 2016. Jusqu'ici, les investigations supervisées par Robert Mueller n'ont pas directement mis en cause le milliardaire républicain. Elles ont en revanche débouché sur de multiples inculpations et sur des condamnations de proches collaborateurs du 45e président des Etats-Unis. Son ancien avocat, Michael Cohen, a été condamné à trois ans de prison, notamment pour infractions à la législation sur le financement des campagnes électorales. Paul Manafort, qui a été un temps directeur de l'équipe de campagne de M. Trump, a lui été jugé coupable de malversations financières liées à des activités en Ukraine antérieures à la présidentielle de 2016.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Donald Trump

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter