Epidémie de peste à Madagascar : le bilan passe à 94 morts et plus de 1100 cas

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EPIDÉMIE - Madagascar est touchée par une épidémie de peste qui continue de prendre de l'ampleur. On compte désormais 94 morts et plus de 1100 cas. L'OMS a envoyé 1,3 million de doses d'antibiotique . Objectif : éviter que l'île ne soit coupée du monde.

Madagascar ne parvient pas à endiguer l'épidémie de peste qui sévit depuis la fin du mois d'août. Selon un dernier bilan communiqué vendredi par le directeur régional pour les urgences en Afrique, l'épidémie a désormais tué 94 personnes et plus de 1100 cas sont signalés.  


Sur les 1.153 cas de peste signalés, 300 ont été confirmés, a indiqué vendredi le Dr Ibrahima Soce Fall, directeur régional pour les urgences en Afrique.  Il a également indiqué que l'OMS avait envoyé 1,3 million de doses  d'antibiotiques. "C'est assez pour traiter 5.000 patients et protéger 100.000  contacts", a précisé une porte-parole de l'OMS, Fadela Chaïb. L'agence sanitaire de l'ONU a mobilisé, en puisant dans son fonds de  contingence, 1,5 million de dollars (1,3 million d'euros), mais l'OMS estime  avoir besoin au total de 5,5 millions de dollars, a expliqué le Dr Ibrahima  Soce Fall. 

Nous nous attendons à avoir plus de casFadela Chaïb, porte-parole de l'OMS

"Nous sommes dans une phase active de cette épidémie. Nous nous attendons à  avoir plus de cas", a-t-il dit, mais "nous pensons (l') infléchir rapidement  grâce aux interventions de toutes sortes". Néanmoins, "stopper la transmission ne signifie pas que le risque va  disparaître car le virus est endémique" dans le pays, a-t-il ajouté.



L'île est toujours classée en niveau d'alerte de 2e catégorie. Une classification qui signifie qu'il y a un risque de propagation à l'échelle nationale. Si l'épidémie s'étend et atteint le grade 3, l'île pourrait être coupée du monde.  "C’est au niveau 3 [NDLR, le plus élévé, qui comporte une contamination globale] que l’isolement du pays est le plus à craindre", redoute le Premier ministre du pays, Olivier Mahafaly Solonandrasana. 

"Nous sommes totalement transparents en vous donnant toutes les informations. Il n’y a aucune raison de ne pas l’être", a ainsi déclaré Henri Rabary-Njaka, ministre des Affaires étrangères, aux Echos de La Réunion il  a plusieurs jours. Charlotte Ndiaye, représentante de l’OMS à Madagascar, a expliqué que cette instance internationale a fait du phénomène une "épidémie de grade 2". "Ce qui voudrait dire que le risque de propagation de la peste pulmonaire au niveau national est très élevé. Au niveau régional, le risque est modéré et au niveau international, il est faible" a-t-elle ajouté. 

Depuis l'émission de cet avis, les membres du gouvernement ont encouragé au respect des contrôles sanitaires. Le chef de la diplomatie malgache a demandé l’application stricte des normes sanitaires par la ministre de la Santé et de celui des Transports pour lutter contre la propagation de l’épidémie.  

Une épidémie propagée aux zones urbaines

 La peste réapparaît presque chaque année à Madagascar, généralement de  septembre à avril.    Mais cette année, l'épidémie a débuté dès août et s'est propagée aux  grandes zones urbaines, contrairement aux précédentes épidémies, selon l'OMS. La bactérie de la peste, qui se développe chez les rats, est véhiculée par  les puces. Chez l'homme, la forme pulmonaire de la maladie - transmissible par  la toux - peut être fatale en seulement 24 à 72 heures. La forme bubonique est  elle moins dangereuse.

Vigilance à Mayotte et à La Réunion

Huguette Bello, députée de la 2e circonscription de La Réunion, avait tiré la sonnette d'alarme il y a plusieurs jours (comme elle l’avait déjà fait en décembre 2014) en alertant le gouvernement français et notamment le ministre des Affaires Étrangères Jean-Yves Le Drian sur cette situation préocupante.

Dans un communiqué, la députée a interpellé Jean-Yves Le Drian. "Quelles mesures la France compte prendre –et/ou pourrait renforcer - pour lutter contre une maladie aussi contagieuse. Elle souhaite également savoir si des recommandations d’ordre sanitaire seront prises quant aux déplacements entre Madagascar et la France et aussi entre Madagascar et La Réunion voisine", rapporte ledit communiqué.


Les préfectures de La Réunion et de Mayotte  ont fait de la "vigilance" des services de l'Etat concernant  l'épidémie  tout en  rappelant qu'aucune restriction de circulation avec l'île n'était préconisée à  ce stade." Afin de tenir compte de l'évolution de l'épidémie à Madagascar, Amaury de  Saint-Quentin, préfet de La Réunion, s'est assuré que l'ensemble des services  de l'État concernés anticipe un éventuel risque d'importation de cas de peste à  La Réunion et soit en mesure de détecter et de prendre en charge rapidement et  efficacement une personne présentant les symptômes de la maladie dès son  arrivée", a indiqué la préfecture de la Réunion, dans un communiqué.


A Mayotte, "l'évolution du phénomène est suivie de près par les services de  l'État et les services sanitaires. Les services concernés ont été appelés à la  vigilance", et le préfet de Mayotte, Frédéric Veau, a rappelé que "les  personnes qui envisagent un déplacement à Madagascar ou qui reviennent de cette  île, sont invitées à consulter le site internet du ministère des affaires  étrangères (www.diplomatie.gouv.fr) et le site de l'Agence régionale de santé  de l'océan indien (https://www.ocean-indien.ars.sante.fr). 


 Madagascar se trouve à 685 km de Mayotte et 943 km de La Réunion.

Deux cas suspects, écoles fermées aux Seychelles

Aux Seychelles, les écoles primaires et secondaires ont été fermées jusqu'à mardi inclus sur ordre du gouvernement après la découverte de deux cas présumés de peste. Des tests préliminaires portant sur deux personnes, dont un Seychellois 

rentré dans son pays le 6 octobre sur un vol en provenance de Madagascar, ont montré qu'elles pouvaient avoir la peste pulmonaire, a indiqué dans un  communiqué le ministère de la Santé.

Sans traitement, la maladie peut être fatale

Sur l'île de Madagascar, l'épidemie est présente sous deux formes bien distinctes. La première, la peste pulmonaire est transmissible par voie aérienne et demeure particulièrement contagieuse. Son incubation s'effectue en quelques heures seulement et peux engendrer la mort en trois jours.


En second lieu, la peste bubonique se transmet à l’homme via les puces des rongeurs infectés. Un traitement par antibiotiques est envisageable si le diagnostic est posé à temps.

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