Le procureur de l'Etat de New York, à l'origine de poursuites contre Harvey Weinstein, accusé de violences par plusieurs femmes

Le procureur de l'Etat de New York, à l'origine de poursuites contre Harvey Weinstein, accusé de violences par plusieurs femmes

JUSTICE - Soutien du mouvement MeToo déclenché après l'affaire Weinstein, le procureur de l'État de New York Eric Schneiderman est accusé de violences par quatre femmes. Il a annoncé qu'il démissionnerait de son poste, après la publication de leurs témoignages dans le "New Yorker".

L’arroseur arrosé ? Eric Schneiderman, le procureur de l'Etat de New York et important soutien du mouvement #MeToo, déclenché par l'affaire Harvey Weinstein, est accusé par quatre femmes de comportement violent et de menaces. Deux d'entre elles ont témoigné à visage découvert dans un article publié lundi dans le magazine The New Yorker. A l'appel du gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, l'homme, qui avait déclenché des poursuites contre la Weinstein Company, a dû quitter ses fonctions malgré le fait qu'il nie les accusations qui pèsent sur lui.

"Je suis la loi"

Dans les pages du New Yorker, Manning Barish dit avoir eu une liaison avec le procureur de l'Etat de New York entre l'été 2013 et la fin de l'année 2015. Tanya Selvaratnam, elle, raconte avoir été en couple avec Eric Schneiderman entre l'été 2016 et l'automne 2017. Elles disent toutes deux que l'homme les a frappées à plusieurs occasions, alors qu'il était alcoolisé. Il aurait même fait mine de les étrangler, manifestation de ce qu'elles décrivent comme un désir de domination physique et psychologique. Ces comportements, les deux femmes assurent n'y avoir jamais consenti. Elles affirment avoir violemment protesté contre ce qu'elles qualifient d'agression physique. Eric Schneiderman les aurait également menacées de mort si elles le quittaient. Lorsque a éclaté le mouvement MeToo, Manning Barish raconte avoir fait allusion à Schneiderman sur les réseaux sociaux. Il lui aurait téléphoné dans la foulée pour lui demander de ne jamais écrire sur lui. Ce à quoi elle dit avoir répondu : "Etre hors des clous est contre la loi". "Je suis la loi", aurait-il répliqué.


Une troisième femme, qui dit être trop effrayée par Schneiderman, aurait quant à elle raconté à Manning Barish et à Tanya Selvaratnam avoir été confrontée de façon répétée à des actes de violence non consentis. Une quatrième femme, une avocate de renom au sein de la justice new yorkaise, a également témoigné de façon anonyme. Elle raconte avoir été giflée tellement fort par le procureur après avoir refusé ses avances que la trace de ses doigts est restée visible plusieurs jours sur sa joue.

Je n'ai agressé personneEric Schneiderman

"Dans l'intimité de relations privées, j'ai pris part à des jeux de rôle et à d'autres activités sexuelles consensuelles", a tweeté le procureur de l'Etat de New York. "Je n'ai agressé personne", ajoute-t-il. "Je n'ai jamais eu de relation sexuelle non consentie, ce qui constitue une ligne que je ne franchirais pas." 

"Même si [ces accusations, ndlr.] ne sont pas liées à mon comportement professionnel ou au fonctionnement du bureau, elles vont m'empêcher de diriger le bureau en cette période critique. Je démissionne donc de mon poste", précise-t-il d'autre part dans un communiqué.

L'un des deux auteurs de l'article est le journaliste et écrivain Ronan Farrow, fils de Mia Farrow et Woody Allen. Il a récemment décroché le prix Pulitzer pour son article sur le producteur déchu Harvey Weinstein, lui aussi paru dans The New Yorker, mi-octobre.

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