Éruption à Stromboli : les volcans siciliens, destinations touristiques sans risques ?

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ÉCLAIRAGE - Le Stromboli est entré en éruption mercredi 3 juillet. Un phénomène impressionnant qui a causé la mort d'un randonneur. Les volcans sont des destinations de plus en plus prisées par les touristes, mais peut-on s'y rendre sans risque ?

La forte éruption sur l’île volcanique de Stromboli, dans l'archipel italien des Eoliennes au nord de la Sicile, survenue mercredi 3 juillet, l’a rappelé : se promener au bord des volcans peut se révéler très risqué. Les importantes explosions ont fait une victime et plusieurs blessés. Depuis l’an 2000, de part le monde, environ 2000 personnes sont mortes en raison d’éruptions volcaniques.  

"L’activité volcanique, c’est l’un des phénomènes les plus dangereux et les plus puissants au monde", explique Tanguy de Saint-Cyr, guide vulcanologue depuis 36 ans et cofondateur du tour opérateur Aventures et Volcans. "À 30 kilomètres d’un volcan, on peut être submergé de boue, détaille-t-il. Plus près, il y a bien sûr les nuées ardentes, les risques de retombées de roches, les étouffements par gaz acides ainsi que des glissements de terrain qui peuvent être mortels."

Si les dangers sont bien présents, ils peuvent être grandement limités grâce à un équipement adéquat (casque, tenue ignifuge, lampe frontale, bonnes chaussures…) et à la présence d’un guide formé : "Rien n’est laissé au hasard. Les guides connaissent parfaitement le terrain et peuvent détecter des signaux qui alertent d’un danger." En contact constant avec la population locale, la protection civile et les observatoires sur place, les guides sont alors directement informés en cas de risque. "On a déjà eu quelques sueurs froides […] mais jusqu’à présent, on n'a jamais eu de problèmes", continue le guide. Voyager seul est néanmoins fortement déconseillé car une connaissance du terrain et des conditions météorologiques est nécessaire, "avec un guide, ils (les randonneurs) ne seraient pas montées au Stromboli à cette heure-là (ndlr : 16h45). La chaleur est trop importante". Tanguy de Saint-Cyr préconise tout de même aux téméraires de toujours prévenir les populations locales et de rester prudent. Le gouvernement délivre également ses conseils de sécurité.

"Les gens sont attirés par le pouvoir des volcans"

Depuis plusieurs années, le "tourisme volcanologique" connait un franc succès. Les sites attirent de plus en plus de randonneurs en quête de sensations fortes comme en témoignent les nombreuses photos sur les réseaux sociaux de voyageurs posant à côté de volcan en pleine éruption. 

Entre 1500 et 5000 personnes réservent chaque année un voyage à l’agence "Aventures et Volcans" : "On a une centaine de nouveaux clients chaque année", dévoile son cofondateur. Un attrait qu’il justifie par la curiosité du Français pour le volcanisme : "Parmi les premiers vulcanologues, il y avait des Français, Alfred Lacroix, Déodat Gratet de Dolomieu etc. […] Et quand on peut mélanger de l’activité physique à de l’adrénaline…"

Mais certains n’hésitent pas à mettre en danger leur vie comme alerte un rapport publié en décembre dernier par la Royal Geographical Society alerte. "Les gens sont attirés par le pouvoir des volcans […] C’est plus qu’un spectacle, c’est une expérience", explique à CNN le Dr. Amy Donovan, auteure du rapport et géographe de l’Université de Cambridge. "Certains touristes veulent aller plus loin que les zones autorisées et braver les risques", confirme Tanguy de Saint-Cyr. 

En 2014, lors de l'éruption du volcan islandais Bárðarbunga, des touristes avaient décidé de s’approcher du site par hélicoptère en profitant de l’obscurité pour pouvoir y atterrir malgré l’interdiction formelle des autorités. Selon le rapport, de nombreux pays abritant des volcans font aujourd’hui face à un dilemme : augmenter le nombre de touristes ou les garder en sécurité ?

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