Escalade de violences à Jérusalem : au moins 20 morts à Gaza et plus de 500 blessés sur l'esplanade des Mosquées

Escalade de violences à Jérusalem : au moins 20 morts à Gaza et plus de 500 blessés sur l'esplanade des Mosquées

AFFRONTEMENTS - Au moins 20 personnes sont mortes, dont neuf enfants, dans les affrontements entre Israéliens et Palestiniens. Selon le Croissant-Rouge palestinien, plus de 520 Palestiniens ont été blessés lundi sur l’esplanade des Mosquées, alors que la police israélienne a fait état d’au moins neuf blessés dans ses rangs.

L'escalade se poursuit à Jérusalem entre Palestiniens et Israéliens. Au moins 20 personnes, dont neuf enfants et un haut commandant du Hamas, sont mortes lundi soir dans des frappes attribuées à l'armée israélienne, menées dans la bande de Gaza en riposte à désormais des dizaines de roquettes tirées depuis l'enclave palestinienne, après de nouveaux affrontements ayant fait plus de 500 blessés sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam nommé Mont du Temple par les Juifs, à Jérusalem-Est.

Selon un dernier bilan de l'armée israélienne peu avant minuit, plus de 150 roquettes avaient été tirées de Gaza vers Israël, dont des "dizaines" ont été interceptées par le bouclier antimissile "Dôme de fer". D'après le Croissant-Rouge palestinien, plus de 520 Palestiniens ont été blessés, dont de nombreux aux yeux et à la tête, alors que la police israélienne a fait état d'au moins neuf blessés dans ses rangs, lors des accrochages les plus violents depuis 2017 à Jérusalem-Est.

Et alors que les salves se poursuivaient dans la nuit, un Arabe Israélien a succombé à des blessures par balle en marge d'accrochages avec des Israéliens dans la ville de Lod (centre), où des voitures ont été incendiées, a indiqué la police locale sans épiloguer. 

Les organisations terroristes à Gaza ont franchi une ligne rouge [...] en tirant des roquettes jusque dans la région de Jérusalem- Benjamin Netanyahu

Ces violences ont coïncidé avec la "Journée de Jérusalem", qui marque selon le calendrier hébraïque la prise de la partie orientale, peuplée de Palestiniens, de la Ville sainte par l'armée israélienne en 1967. Et elles interviennent après des semaines de tensions à Jérusalem.

"Les organisations terroristes à Gaza ont franchi une ligne rouge [...] en tirant des roquettes jusque dans la région de Jérusalem", a déclaré en soirée le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "Israël réagira avec force [...], celui qui attaque en paiera le prix fort. Je vous le dis, citoyens d'Israël, le conflit actuel pourrait durer un certain temps", a ajouté le Premier ministre, qui tenait tard en soirée des consultations avec les chefs de l'armée et des services secrets intérieurs, le Shin Beth.

Ultimatum du Hamas

Après de violents heurts le matin à Jérusalem, le Hamas avait adressé un ultimatum à Israël en réclamant que ses forces se retirent d'ici 18h de l'esplanade des Mosquées, haut lieu de tensions entre Palestiniens et Israéliens dans le cœur de la Vieille ville. Et, à 18h, un barrage de roquettes a fusé de cette enclave paupérisée de deux millions d'habitants, vers Israël. Si la majorité des roquettes ont été interceptées par le bouclier antimissiles "Dôme de Fer" certaines se sont abattues sur le territoire israélien, et un missile anti-char a fait un blessé léger dans une localité israélienne limitrophe de la bande de Gaza.

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Regain de tension à Jérusalem

"Nous tenons le Hamas pour responsable de ces attaques", a déclaré Jonathan Conricus, porte-parole de l'armée israélienne, qui a suspendu un important exercice militaire en raison de ces affrontements. "Nous avons commencé à frapper des positions du Hamas  [...] et je dis bien 'commencé'", a ajouté ce responsable, confirmant que l'armée israélienne avait ciblé un haut commandant du Hamas dans le nord de la bande de Gaza. Plus tard dans la soirée, l'armée a ajouté avoir ciblé d'autres membres du mouvement islamiste et a multiplié les frappes sur l'enclave.

"Les Brigades Al-Qassam [branche armée du Hamas] lancent maintenant des roquettes contre l'ennemi à Jérusalem occupée en réponse à ses crimes et à son agression contre la Ville sainte", ont-elles indiqué dans un bref message. "Ceci est un message que l'ennemi doit bien comprendre : si vous répondez, nous répondrons. Si vous escaladez, nous escaladerons".

Week-end de tensions

Après un week-end marqué par de vives tensions à Jérusalem-Est, la journée de lundi avait débuté de manière frontale, avec des jets de pierre par des centaines de Palestiniens contre les forces de l'ordre israéliennes positionnées sur l'Esplanade des Mosquées et qui ont répliqué avec des grenades assourdissantes, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc.

En début de soirée, une marche de milliers de jeunes Israéliens dans la Vieille ville pour commémorer la "Journée de Jérusalem", qui aurait pu mener à de nouveaux accrochages, a été annulée par ses organisateurs. Mais, tandis que des manifestations étaient rapportées dans plusieurs villes de Cisjordanie occupée, la tension dans la Ville sainte n'est pas retombée et des manifestations ont commencé à se multiplier dans différentes villes de Cisjordanie occupée, où le Croissant-Rouge a dénombré un total de 200 blessés.

En fin de soirée, alors que des milliers de fidèles musulmans étaient encore réunis sur l'Esplanade des Mosquées, un incendie, visible à plus de deux kilomètres à la ronde, s'est déclaré, provoquant l'évacuation de la place. La cause de l'incendie n'est pas connue dans l'immédiat.

La communauté internationale appelle à la désescalade

Lundi soir, des sources diplomatiques ont affirmé à l'Agence France-Presse que l'ONU, avec l'aide du Qatar et de l'Égypte, avait amorcé une médiation auprès des parties "concernées" afin d'obtenir une désescalade. "Il est impératif que toutes les parties prennent des mesures" en ce sens, a pour sa part plaidé le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, tandis que la France disait craindre une "escalade de grande ampleur"

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Face à cette escalade, une réunion du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) s’est tenue lundi, mais les pays membres ne sont pas parvenus à s’entendre sur une déclaration commune, les États-Unis jugeant qu'un "message public n'était pas opportun à ce stade", d'après des diplomates. 

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