Escalade en Crimée : Paris et Washington haussent le ton, Moscou tire des coups de semonce

Escalade en Crimée : Paris et Washington haussent le ton, Moscou tire des coups de semonce

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UKRAINE : Pour la troisième fois en trois jours, les observateurs internationaux attendus dans le sud de l'Ukraine ont été refoulés de Crimée. Washington et Moscou montrent les crocs.

Pas plus que la veille, les observateurs internationaux de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) n'ont pu s'aventurer en Crimée samedi 8 mars. Pour les en dissuader, des partisans armés du rattachement de cette région à la Russie n'ont pas hésité à tirer en l'air.

Les observateurs de l'OSCE repoussés par des tirs

Dans l'est de l'Ukraine de même, la tension n'en finit plus de monter. Des milliers de manifestants russophones et surtout russophiles ont réclamé leur rattachement à Moscou, en particulier dans les villes de Donetsk et Kharkiv. Dans l'autre camp, quelques centaines de personnes attachées à une Crimée ukrainienne n'en ont pas moins manifesté à Simferopol, la capitale de la région au coeur de la tourmente.

Pour la troisième fois en trois jours, samedi, les 54 observateurs dépêchés par l'OSCE se sont heurtés à un mur, des forces armées leur refusant l'entrée en Crimée. Selon une source proche de cette mission internationale censée apaiser la situation, des hommes en treillis pointant leurs armes ont contraint le cortège à rebrousser chemin près du poste de contrôle d'Armiansk, sur l'une des deux routes menant à la péninsule.

Vers de nouvelles sanctions contre la Russie ?

Au chapitre diplomatique, confrontés à la plus grave crise dans la région depuis la chute du bloc soviétique, "faute de progrès", la France et les Etats-Unis ont monté le ton. Aux sanctions diplomatiques et économiques annoncées dans la semaine par Bruxelle et Washington, Barack Obaka, sans rentrer dans les détails, a évoqué de "nouvelles mesures" en représailles au coup de force russe.

Officiellement, ces tensions ne tiennent en rien de la guerre froide à laquelle les blocs de l'Est et de l'Ouest se sont livrés pendant près d'un demi-siècle, mais de fait, on y revient. Ainsi, les autorités de Moscou ont indiqué samedi qu'elles songeaient à suspendre le contrôle international de leur arsenal militaire, y compris nucléaire, vu les menaces de Washington et de l'Otan. En clair, la situation se dégrade et même les accords START, sur la réduction des armes stratégiques, pourraient en pâtir.

Et pendant ce temps, Moscou continuerait de poser ses pions

D'après le commandement ukrainien, notamment le général Mykola Kovil en charge de la garde des frontières, la Russie continuerait d'acheminer des troupes sur le terrain, en dépit des accords bilatéraux. Selon lui, quelque soixante camions chargés d'hommes seraient entrés en Ukraine ces dernières 24 heures, portant la présence militaire russe à 30.000 soldats, soit 5.000 de plus que le contingent maximum autorisé.

La Russie n'en est pas moins ouverte à un dialogue "honnête, d'égal à égal" avec ses partenaires, à commencer par l'Ukraine, a assuré son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. A Kiev, les nouvelles autorités n'en disent pas moins et se disent prêtes "à des contacts à tous les niveaux avec Moscou".

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