Escalade militaire au Proche-Orient : l'Iran a franchi une "ligne rouge" selon Netanyahu

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INQUIÉTUDES - Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, a justifié ce jeudi soir la réponse militaire de son armée de la nuit dernière contre des positions iraniennes en Syrie. Selon lui, Téhéran a franchi "une ligne rouge" en tentant d'envoyer, selon lui, des roquettes vers son pays. Réponse d'Hassan Rohani, le président iranien : "L'Iran ne veut pas de nouvelles tensions".

Jusqu’où peut aller l’escalade militaire entre Israël et l'Iran ? Ce jeudi, un nouveau palier a été atteint dans l'hostilité israélo-iranienne en Syrie où l'Iran aide militairement le régime de Bachar al-Assad. Au point que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé en fin d'après-midi que l'Iran avait franchi une "ligne rouge" en tirant, selon lui, des roquettes depuis la Syrie sur la partie du Golan occupée par Israël. 


"Notre réaction a été en conséquence. Tsahal (l'armée israélienne, ndlr) a mené une attaque de grande envergure contre des objectifs iraniens en Syrie", a déclaré le dirigeant israélien dans une vidéo diffusé sur son compte Twitter en soulignant qu'"aucune" des roquettes n'avait atterri en Israël.

Jeudi avant l'aube, Israël a en effet mené des dizaines de raids aériens meurtriers en Syrie contre des cibles présentées comme iraniennes, en réponse à des tirs de roquettes qu'elle attribue à Téhéran dans le Golan. Si la paternité des tirs était confirmée, cette attaque serait une première agression directe de la part de l'Iran contre des positions israéliennes. La riposte de l’Etat hébreu a été d'une ampleur exceptionnelle. Selon Moscou, Tsahal a en effet a tiré environ 70 missiles, dont une soixantaine à partir de 28 avions F-15 et F-16. La défense anti-aérienne syrienne en aurait toutefois détruit plus de la moitié. 


"Nous sommes engagés dans une bataille prolongée. Notre but est clair : nous ne laisserons pas l'Iran s'établir militairement en Syrie", a fait savoir Benjamin Netanyahu. "Nous frapperons au centuple tous ceux qui nous attaqueront. Et nous agirons contre ceux qui se préparent à nous attaquer avant qu'ils passent à l'acte. C'est ce que nous avons fait et ce que nous continuerons à faire", a-t-il prévenu.  Un peu plus tard, Hassan Rohani, le président iranien, a souligné que son pays "a toujours cherché à faire baisser les tensions dans la région, en essayant de renforcer la sécurité et la stabilité" et qu'il ne veut pas de "nouvelles tensions".

De leur côté, Berlin, Londres, Paris ont appelé à la retenue. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a rappelé jeudi soir sur BFM TV "l’attachement indéfectible" de la France à la sécurité d’Israël, condamnant "toute tentative d’y porter atteinte". S’il juge urgent "de négocier une solution politique à la crise syrienne", il demande à l’Iran "de s’abstenir de toute provocation militaire". 


De son côté, la Russie, perçue comme un intermédiaire dans ce conflit, appelle à la reprise du dialogue et multiplie les contacts entre les deux pays avec qui elle entretient des relations privilégiées. Le rôle de Moscou pourrait ainsi être déterminant dans l’optique d’une désescalade. 

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