Esclavage en Thaïlande : Carrefour suspend ses achats avec le numéro un de la crevette

Esclavage en Thaïlande : Carrefour suspend ses achats avec le numéro un de la crevette

ASIE – Carrefour a annoncé jeudi suspendre tous ses achats auprès de l'un de ses fournisseurs, le producteur de crevettes thaïlandais Charoen Pokphand, numéro un du secteur. Ce dernier ferait travailler des esclaves à travers ses fournisseurs, selon une enquête du quotidien britannique The Guardian.

Les crevettes vendues dans les grands supermarchés américains et européens sont nourries de poissons pêchés par des esclaves. C'est ce que révèle une vaste enquête du quotidien britannique The Guardian sur le géant thaïlandais de la crevette Charoen Pokphand (CP), qui alimente les rayons des mastodontes de la distribution tels Walmart, Tesco et Costco ou encore, en France, Carrefour. Devant le scandale naissant, le groupe hexagonal a annoncé jeudi qu'il suspendait l’ensemble de ses achats avec ce fournisseur, "jusqu'à ce ce que la lumière soit faite".

Les témoignages recueillis par le Guardian ont en effet de quoi écœurer les consommateurs. Des migrants venus du Cambodge et de la Birmanie ont raconté le calvaire qu'ils ont vécu avant de parvenir à s'échapper des griffes de sous-traitants de Charoen Pokphand (CP). Trompés par des hommes à qui ils avaient demandé de leur trouver du travail, ils ont expliqué au journal avoir été vendus comme esclave à des capitaines de bateaux.

"Je pensais que j'allais mourir", confie ainsi un moine cambodgien qui indique avoir été détenu enchaîné. D'autres assurent qu'ils travaillaient 20 heures par jour, avec pour seul repas un plat de riz et des méthamphétamines - une drogue de synthèse -, pour rester actif. Les travailleurs étaient régulièrement battus. L'un des témoins a même affirmé avoir vu vingt de ses camarades se faire tuer.

Carrefour avait procédé à un audit social en 2013

Porté par une demande de main d'œuvre bon marché, le travail forcé en Thaïlande est régulièrement dénoncé. L'ONU pointe notamment les dérives dans l'agriculture et la construction, ainsi que dans le secteur de la pêche où elles sont "notoirement" connues.

Le directeur général de CP Foods au Royaume-Uni, Bob Miller, n'a d'ailleurs pas nié l'existence de cet esclavagisme dans sa chaîne de production, mais il a affirmé n'avoir "aucune visibilité" sur l'ampleur de la situation. De son côté, Carrefour s'est défendu en assurant avoir "procédé en juillet 2013 à un audit social de l'usine de conditionnement de cette société, qui n’a rien révélé d’anormal à cette époque".

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