Espagne : après deux élections, Mariano Rajoy enfin en place

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DÉNOUEMENT - Premier ministre depuis 2011, Mariano Rajoy a été investi ce samedi pour un second mandat. Après dix mois de crise politique qui ont suivi les deux élections législatives de décembre et de juin, il doit essentiellement cette victoire à la division de ses adversaires politiques.

Mariano Rajoy va pouvoir de nouveau enfiler, ce samedi 29 octobre, sa casquette de Premier ministre, après dix mois d’impasse politique. Il a obtenu 170 "oui" tandis que 111 parlementaires ont voté contre et que 68 autres se sont abstenus, sur un total de 350 sièges à la chambre basse du parlement. C'est l'abstention des députés socialistes, décidés à éviter de nouvelles législatives, qui a permi de débloquer la situation.

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En effet, si Mariano Rajoy avait besoin d’une majorité absolue jeudi devant le Parlement, ce qu’il n’a pas réussi à obtenir - avec seulement 170 voix sur les 350 députés - les conditions sont tout autre ce samedi. Devant la Chambre des députés, Mariano Rajoy avait besoin cette fois d’une majorité relative. Et pour l’obtenir, il a pu compter sur les voix des élus de son parti, le PP (Parti populaire), ainsi que sur celles de Ciudadanos (centre-droit). 


Pour s’opposer à cette réélection au forceps, la gauche radicale a promis d'être dans la "rue". Les plus à gauche, dont l'allié de Podemos Izquierda Unida (écolo-communiste), ont déjà appelé à manifester près du Congrès contre l'investiture "illégitime", produit selon eux d'une alliance entre droite et socialistes de l'establishment "corrompu". Un "coup de la mafia", assure un tract où Mariano Rajoy est présenté avec un chapeau de gangster, revolver à la main.

Je lui souhaite chance et réussite (...) car cela serait bon pour l'ensemble des EspagnolsPedro Sanchez, ancien secrétaire du parti socialiste (PSOE)

Après l’échec des législatives en décembre 2015, ne débouchant sur aucune majorité (le PP ne distançant que de quelques points les socialistes et Podemos), de nouvelles élections se sont tenues en juin 2016. Lors de ce dernier scrutin, le Parti populaire est resté en première position et a gagné 14 sièges, obtenant donc 137 élus sur 350, alors que le PSOE, concurrencé par Podemos, poursuivait sa descente en enfer.


Afin de contrecarrer Mariano Rajoy, Pedro Sanchez, aux commandes du PSOE depuis 2014, n'a jamais trouvé d'alliés pour former un gouvernement alternatif. Il aura finalement été renversé par les siens. Ces derniers craignaient que son veto à Mariano Rajoy n'entraîne encore des élections, les troisièmes en un an. Avec le risque de perdre encore des suffrages.  Refusant cette neutralité, Pedro Sanchez a de son côté annoncé samedi à la mi-journée qu'il quittait  "avec douleur" son poste de député. La voix cassée, il a cependant laissé entendre qu'il ne renonçait pas forcément à briguer la direction du parti dans 'l'avenir. "Je lui (ndlr : à Rajoy) souhaite chance et réussite (...) car cela serait bon pour l'ensemble des Espagnols", conclut-il.


Et de la réussite, Mariano Rajoy en aura bien besoin. En 2017, celui qui devrait entamer un second mandat de Premier ministre devra trouver 5,5 milliards d'économies pour réduire le déficit public de l'Espagne, comme promis à Bruxelles. 

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