Espagne : dernière ligne droite vers la fin du droit à l'avortement

Espagne : dernière ligne droite vers la fin du droit à l'avortement

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SOCIETE - Le projet de loi restreignant fortement l'avortement sera examiné ce vendredi lors du conseil des ministres espagnol et voté au congrès en juillet. Une formalité puisque les conservateurs détiennent la majorité absolue.

Il sera bientôt difficile pour les Espagnoles de disposer librement de leur corps. La loi de protection des droits du fœtus et de la femme enceinte , restreignant de manière considérable l'interruption volontaire de grossesse (IVG), passera ce vendredi en conseil des ministres. Elle sera ensuite présentée au congrès en juillet pour être très certainement votée dans la foulée, les conservateurs détenant la majorité absolue. Et entrera en application d'ici la fin de l'année. Cette loi annulera alors celle de 2010 qui permettait aux femmes d'avorter librement et sans se justifier jusqu'à quatorze semaines de grossesse.

Mariano Rajoy aura donc tenu parole. Cette limitation de l'IVG était en effet l'une des promesses du Premier ministre espagnol lors de sa campagne en 2011. Egalement à la tête du Parti populaire, il a fait valider ce projet de loi en décembre dernier. En clair, l'IVG ne sera plus un droit. Il ne sera possible d'avorter qu'à quelques conditions : en cas de viol - et après avoir porté plainte - ou lors de "grave danger pour la santé physique ou psychologique de la femme". Enfin, le gouvernement a récemment concédé un troisième et dernier cas de dérogation : si le fœtus est malformé, la femme enceinte n'aura plus à justifier du danger sur sa vie pour demander une IVG.

Un retour en arrière

Si certains médias qualifient cette dernière exception d'"assouplissement de la loi", peu l'évoquent, le projet étant quasiment entériné. L'hiver dernier, le texte avait pourtant déchiré la société civile comme la classe politique. Dès son annonce en décembre 2013, il avait provoqué une forte mobilisation citoyenne et divisé le parti au pouvoir. De nombreux opposants dénonçaient alors un retour en arrière comme El Pais, ou encore une loi "obscurantiste" et "anachronique", selon le quotidien El Mundo.

L'avortement va bel et bien devenir une exception , même si Mariano Rajoy déclarait récemment être prêt à "débattre" de son projet de loi tout en prévenant que de toute façon il ne "retirerait pas". Au détriment des quelque 100.000 Espagnoles qui, jusqu'à présent, y ont recours chaque année.

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