Espagne : l'incendie géant de Grande Canarie a ralenti

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CATASTROPHE - La progression de l'incendie qui ravage depuis samedi l'île espagnole de Grande Canarie a ralenti dans la nuit de lundi à mardi grâce à la diminution du vent, ont annoncé mardi matin les autorités locales.

Des milliers de personnes évacuées, des espaces naturels protégés réduits en cendres : les Canaries sont toujours en proie aux flammes ce mardi, selon le gouvernement. "Il s'agit probablement de l'incendie le plus important que nous ayons eu en Espagne depuis le début de l'année", a commenté lundi le ministre de l'Agriculture, Luis Planas, lequel n'a pas encore avancé de bilan. La progression de l'incendie a néanmoins ralenti durant la nuit, ont assuré les autorités ce mardi.

"D'après les techniciens qui ont visité la zone cette nuit, l'incendie ralentit (...) et perd de la puissance", a annoncé dans un tweet le président de la région des Canaries, Angel Victor Torres. "Par chance, le vent est tombé. (...) Par conséquent, la nuit s'est très bien passée, contrairement à ce à quoi nous nous attendions", a ajouté un responsable de l'île de Grande Canarie, Antonio Morales, sur la radio Cadena Ser. "L'impact sur le parc naturel de Tamadaba", une forêt de pins parmi les territoires les plus sauvages de Grande Canarie, "a été moindre que ce que nous craignions au départ, (le feu) n'a pas atteint la Réserve naturelle intégrale d'Inagua (...) Il s'est agi en majorité d'un feu superficiel de faible intensité" dans le parc, a-t-il précisé.

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"Un million de litres d'eau" déversé dans la journée

Si les réactions de ce mardi sont rassurantes, les points presse tenus par les autorités dans la journée de lundi laissaient augurer du pire. Angel Victor Torres vait en effet qualifié  le sinistre de "drame environnemental" car il touche des espaces naturels protégés de cette île située dans l'Atlantique, au large du Maroc. "Il s'agit d'un grand incendie de forêt, extrêmement sérieux, qui est arrivé avec une vague de chaleur" et n'est toujours pas contrôlé, avait estimé le président peu avant minuit, lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision. Le périmètre de ce feu de forêt, qui s'était déclaré samedi dans le centre montagneux de l'île, "augmente" et "on estime que 10.000 hectares sont affectés", avaient déploré les services d'urgence régionaux. Plus de 9.000 personnes ont déjà été évacuées de leur logement, mais aucun blessé n'a été déploré. 

"Nous allons vaincre cet incendie et ce que nous voulons, c'est que quand il s'achèvera, nous n'ayons pas à déplorer des victimes", a ajouté Angel Victor Torres. Et le président de préciser les moyens importants mis en œuvre : un millier de pompiers et agents ont été mobilisés sur le terrain lundi, ainsi que 14 moyens aériens. Les avions ont déversé tout au long de la journée "un million de litres d'eau", selon les services d'urgence. Deux autres hélicoptères bombardiers d'eau devaient arriver sur place ce mardi.

Le troisième incendie en dix jours

Cet incendie est le troisième en dix jours à avoir touché l'île de Grande Canarie. Les pompiers n'étaient pas parvenus à éteindre complètement le plus important des deux, qui a parcouru 1.500 hectares, lorsque le nouvel incendie s'est déclaré. Son front principal se trouve dans le parc naturel de Tamadaba, une forêt de pins parmi les territoires les plus sauvages de Grande Canarie. Les températures élevées, le vent et les pluies de cendres pouvant causer de nouveaux départs de feu rendent cet incendie particulièrement difficile à combattre.

L'intérieur de Grande Canarie, aux paysages et micro-climats très divers, est prisé des randonneurs, bien que le gros des touristes fréquente plutôt les plages de l'île, la deuxième plus fréquentée de l'archipel. Les Canaries ont accueilli l'an dernier 13,7 millions de touristes, en particulier britanniques et allemands, et le tourisme représentait en 2017 35% du PIB et 40% des emplois de l'archipel, selon l'organisation patronale Exceltur.

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