Espagne : la confirmation de la condamnation controversée de "La Meute" pour abus sexuel suscite l'émoi

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COLÈRE - Condamnés pour abus sexuels sur une jeune femme de 18 ans, cinq hommes qui s'étaient surnommés "La Meute" ont vu leur peine confirmée en appel. Le fait que la qualification de viol ne soit pas retenue avait suscité une vague d'indignation et continue de faire polémique.

Les faits remontent à 2016, et le procès qui s'était tenu en novembre 2017 à Pampelune avait été qualifié de procès de l'année, en Espagne. En pleine vague post Weinstein et #Metoo, les Espagnols découvraient, "effarés", cette affaire d'accusation de viol sur une jeune femme, lors des fêtes populaires de la San Fermin. En avril dernier, le tribunal avait statué : la jeune femme était victime d'abus sexuels et non de viol de la part de ces cinq hommes âgés de 27 à 29 ans qui s'étaient surnommés entre eux, la "Manada" (La Meute, en français). Dans le code pénal espagnol, l’abus sexuel est caractérisé s’il n’implique ni violence ni intimidation.

A l'énoncé du verdict, des milliers d'Espagnols étaient descendus dans la rue pour protester contre celui-ci et des politiques avaient appelé à changer la loi. Les cinq hommes avaient été libérés sous caution en attendant le procès en appel. Le verdict de première instance été confirmé ce mercredi : ils écopent de neuf ans de prison et le "viol" n'a toujours pas été retenu par le tribunal. 

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La cour d'appel a confirmé la décision à la majorité de ses cinq magistrats, tous des hommes. Deux d'entre eux ont néanmoins estimé que les cinq mis en cause devaient être condamnés pour viol à 14 ans et trois mois de prison. Dans son arrêt, la cour estime que la victime n'était pas consentante, mais qu'il n'y a pas eu violence et qu'il est trop difficile de déterminer s'il y a eu intimidation. Selon le Code pénal espagnol, l'absence de consentement dans un rapport sexuel ne suffit pas pour le qualifier d'agression sexuelle. Il doit être accompagné de violence ou d'intimidation.

Les deux juges ayant défendu une condamnation plus lourde ont estimé pour leur part que la victime avait "une possibilité pratiquement nulle de fuir". Pour eux, les accusés ont fait preuve d'un "mépris évident envers la dignité de la victime" en la "laissant gisante par terre, à moitié nue" et en lui soutirant son téléphone portable. La cour d'appel a demandé en outre au tribunal de première instance de juger les accusés pour atteinte à la pudeur pour les photos et vidéos qu'ils ont prises. L'avocat de quatre des accusés a rapidement annoncé son intention de contester la décision devant la Cour suprême.

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Le verdict du procès de "la Meute" divise l'Espagne

A l'annonce de la confirmation de la condamnation, les Espagnols ont exprimé leur indignation sur Twitter. "Putain de honte, justice patriarcale", "Je ne peux pas être plus bouleversée que ce matin", ou encore "Cette journée commence avec un goût amer dans la bouche. 

Les cinq hommes originaires de Séville étaient accusés du viol collectif d'une jeune femme, alors âgée de 18 ans, à l'entrée d'un immeuble de Pampelune (nord) en juillet 2016, en marge des fêtes de la San Fermin. Un événement qui brasse des centaines de milliers de touristes, chaque année. Ils avaient filmé leurs actes et s'en étaient vantés sur un groupe WhatsApp où ils se surnommaient "La Meute".

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