Catalogne : Quim Torra, un nouveau président indépendantiste et choisi par Puigdemont

Catalogne : Quim Torra, un nouveau président indépendantiste et choisi par Puigdemont

CATALOGNE - Le parlement catalan a élu lundi à la présidence de la Catalogne le candidat séparatiste Quim Torra, qui a promis de continuer à "construire un Etat indépendant" de l'Espagne.

La Catalogne a enfin un président. Le parlement de la région espagnole a élu ce lundi le candidat séparatiste Quim Torra, le protégé de l'ex-président exilé Carles Puigdemont. "Nous serons fidèles au mandat du référendum d'autodétermination du 1er octobre : construire un Etat indépendant, une République", a promis le nouveau président, avant d'être élu de justesse, par 66 voix contre 65, grâce aux quatre abstentions du parti séparatiste d'extrême gauche Candidature d'unité populaire (CUP).


Quim Torra, un éditeur de 55 ans, s'est engagé à faciliter au plus tôt le retour au pouvoir de Carles Puigdemont, qu'il estime être "le président légitime" de Catalogne. Il a également promis de rétablir des lois catalanes suspendues ou annulées par la justice, de rouvrir les "ambassades" de Catalogne fermées par Madrid et de commencer la rédaction de la Constitution de la future république catalane.

Torra veut créer des structures de gouvernement parallèles à l'étranger

Le nouvel homme fort de la Catalogne séparatiste veut également créer des structures de gouvernement parallèles à l'étranger afin d'anticiper une sécession. Parmi ces structures, figurerait une assemblée d'élus locaux ainsi qu'un "conseil de la République" présidé par Carles Puigdemont, qui est désormais en liberté provisoire en Allemagne, où un tribunal doit statuer sur son extradition en Espagne.


Avant cela, Quim Torra doit en premier lieu former le gouvernement régional de la Catalogne, ce qui entraînera une levée automatique de la tutelle imposée par Madrid sur la communauté autonome depuis la proclamation d'indépendance des députés séparatistes catalans, le 27 octobre 2017. Le gouvernement espagnol avait alors destitué le gouvernement régional catalan, provoquant l'exil de Puigdemont, et convoqué de nouvelles élections, remportées en décembre par les séparatistes. 


Cette proclamation d'indépendance faisait suite au référendum du 1er octobre, interdit par Madrid et que la police a tenté d'empêcher, à l'issue duquel plus de 2 millions de Catalans sur 5,5 millions d'électeurs se sont prononcés pour l'indépendance à 90%.

Une "marionnette de Puigdemont" xénophobe ?

Pour l'une des responsables des députés catalans anti-indépendance, Inés Arrimadas, Quim Torra est la "marionnette de Puigdemont" et profère des "discours xénophobes et identitaires". L'élue du parti de centre-droit Ciudadanos a dénoncé des écrits Torra, qualifiant de "charognards, vipères et hyènes" ceux qui ne défendent pas la culture et la langue catalane.


Quim Torra, avocat de formation, s'est illustré ces dernières années par des prises de position anti-espagnoles. Il avait par exemple évoqué "l’ADN" des Espagnols, qui "ne savent que spolier" et affirmait que la Catalogne est la "dernière colonie d’Europe". Il a demandé pardon au Parlement pour ces prises de position. 


Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a, pour sa part, rappelé que la Catalogne pourrait revenir à tout moment sous la tutelle de Madrid si le nouvel exécutif régional viole la Constitution.

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