Et la présidence de l'Union africaine revient à... Robert Mugabe, dictateur du Zimbabwe

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AFRIQUE – L'union africaine, qui ouvre notamment pour promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance sur le continent africain, vient d'installer à sa tête l'anti-modèle du genre : Robert Mugabe, président du Zimbabwe depuis presque 35 ans.

Un "hasard malheureux". C'est la formule utilisée par certains diplomates africains, gênés de voir la présidence tournante de l'Union africaine (UA) revenir ce vendredi à Robert Mugabe. A 91 ans, le doyen des chefs d'Etat africain dirige le Zimbabwe depuis l'indépendance de son pays, en 1980. Faisant preuve, durant ces bientôt 35 années de pouvoir, d'un sens à part de la démocratie...

Le Zimbabwe dévasté par la ruine

Héros, dans un premier temps, de la libération nationale au Zimbabwe, Robert Mugabe est depuis qu'il dirige le pays accusé de museler l'opposition par la violence et d'avoir mené son pays à la ruine, tout en s'enrichissant lui-même considérablement. Si la présidence de l'UA est une fonction essentiellement symbolique, son titulaire représente l'organisation dans les sommets internationaux. Or le Zimbabwéen, paria aux yeux des pays occidentaux, est l'objet depuis 2002 de sanctions européennes et américaines, incluant une interdiction de voyager.

Si le "hasard" est invoqué dans cette affaire, c'est que la direction l'organisation panafricaine obéit à une règle offrant, à tour de rôle, la présidence de l'UA à chaque grande région du continent. Et alors que le tour de l'Afrique australe était venu, le Zimbabwe était seul pays en lice. Reste que cette élection pose un problème de cohérence et d'image à l'organisation qui prétend promouvoir sur le continent les valeurs de démocratie et de bonne gouvernance. Ironie de la situation : en ouverture du sommet de l'UA, samedi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a justement appelé les dirigeants africains à "ne pas s'accrocher au pouvoir"...

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