Etat d'urgence à Santiago du Chili : 2 morts et une personne grièvement brûlée dans un supermarché pillé

International

ÉTAT D'URGENCE - Deux personnes sont mortes tôt ce dimanche à Santiago dans l'incendie d'un supermarché en train d'être pillé. Ce sont les premières victimes des émeutes qui affectent la capitale chilienne depuis trois jours après une hausse des tarifs de transports suspendue samedi.

La tension devait retomber à Santiago après la décision de suspendre la hausse des tarifs des transports. Il n'en fut rien. Deux personnes sont mortes et une autre se trouvait dans un état grave ce dimanche 20 octobre au matin dans la capitale du Chili au troisième jour d'émeutes violentes dans la capitale du pays. Le drame a eu lieu dans un supermarché en train d'être pillé. 

"Dans un supermarché de la commune de San Bernardo, il y a eu un pillage et un incendie, au cours duquel deux femmes sont mortes et une troisième personne a été brûlée à 75%", a déclaré le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Andrés Chadwick. Les autorités avaient auparavant fait état de trois morts, dans l'incendie.

Il s'est produit dans un immense supermarché Lider, de la chaîne américaine Walmart, situé à San Bernardo en banlieue sud de la capitale, dont des centaines de personnes avaient forcé les entrées pour le piller, selon les  pompiers. Ce sont les premières personnes victimes des violences, qui agitent depuis vendredi Santiago, déclenchées par des protestations contre une hausse des prix des tickets de métro.

   

Depuis vendredi, la capitale du Chili est le théâtre de violents affrontements, les pires depuis plusieurs années, entre les forces de l'ordre et des manifestants protestant contre l'augmentation des prix des transports. Des bâtiments ont été incendiés comme la tour Enel (voir la vidéo ci dessus) et une dizaine de stations de métro ont été détruites. En réaction à ces heurts, le président chilien Sebastian Pinera avait décrété samedi l'état d'urgence à Santiago et confié à un militaire la responsabilité d'assurer la sécurité.  

La hausse des tarifs suspendue

Un couvre-feu total avait été décrété samedi dans la capitale par le général Javier Iturriaga del Campo, en réponse selon lui aux "excès qui se sont  produits aujourd'hui". Peu avant l'annonce du couvre-feu, le président Sebastian Pinera a annoncé la suspension de la hausse des prix des tickets de métro à Santiago. "Je tiens à annoncer aujourd'hui que nous allons suspendre l'augmentation des tarifs du métro", a-t-il déclaré.

Le général Iturriaga del Campo avait précisé que l'armée patrouillerait  dans la capitale, qui compte sept millions d'habitants. Selon le ministre de la Défense Alberto Espina, le gouvernement a déployé quelque 8000 hommes et compte y ajouter 1500 autres dans les heures qui viennent. Samedi, des milliers de personnes s'étaient rassemblées pour un concert de casseroles, mode de contestation apparu après le coup d'État mené par le général Pinochet fin 1973. Mais la manifestation a dégénéré en affrontements entre des personnes masquées et les forces de l'ordre.

Des milliers de personnes sont également redescendues dans les rues d'autres villes pour y faire résonner des casseroles. À Valparaiso, au bord du Pacifique à 120 km à l'ouest de Santiago, des dizaines de manifestants ont incendié dans la soirée le siège d'El Mercurio, le plus vieux quotidien du pays, selon des images de télévision, ainsi qu'un supermarché et une concession automobile, dont le bâtiment s'est effondré.

Lire aussi

Une fronde initiée par la jeunesse

Ces frustrations, nées de la flambée du coût de la vie dans la capitale chilienne, ont pris leur source dans le cercle étudiant. Un an après être descendus dans la rue pour dénoncer le programme éducatif du gouvernement et réclamer la gratuité universelle de l'éducation, les lycéens et étudiants ont initié ce nouveau mouvement de contestation. Les transports en commun sont en effet très utilisés à Santiago, une ville très polluée et congestionnée, où le salaire médian s'élève à 738 euros.

Le général Iturriaga a déclaré que l'armée opérerait des patrouilles dans les principaux sites de la capitale qui compte 7 millions d'habitants mais n'imposerait pas en l'état de couvre-feu... pour l'instant. "Nous n'allons restreindre aucune liberté individuelle pour le moment", a-t-il indiqué. Jeudi, 133 personnes avaient été arrêtées pour des dégradations dans les stations de métro, où les dommages se montent selon le gestionnaire à 400 à 500 millions de pesos (630.000 euros).

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter