Etats-Unis : à cause d'un mauvais produit, un condamné à mort a agonisé 18 minutes

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ERREUR - Un condamné à mort de l'Oklahoma a reçu la mauvaise substance létale lors de son exécution. C'est une controverse de plus pour cet Etat américain déjà critiqué pour des injections ratées dans le couloir de la mort.

C'est une bourde de plus dans le couloir de la mort aux Etats-Unis. Charles Warner, un condamné à mort exécuté le 15 janvier dans l'Oklahoma pour le viol et le meurtre d'une fillette de 11 mois, a reçu le mauvais produit lors de son exécution.

18 minutes d'agonie

Le rapport d'autopsie de Charles Warner a révélé qu'il avait reçu une substance létale non prévue dans le protocole en vigueur dans l'Oklahoma, comme le rapporte notamment CNN . L'homme de 47 ans a en effet été exécuté avec une injection mortelle composée d'acétate de potassium, au lieu de chlorure de potassium qui provoque l'arrêt du cœur.

Certains dérivés de l'acétate de potassium procurent de fortes sensations de brûlures. Or, selon le centre d'information sur la peine de mort, Charles Warner se serait plaint de brûlures, une fois le produit injecté. Il aura fallu 18 minutes au condamné à mort pour rendre son dernier souffle, d'après les témoins présents.

D'autres injections ratées

Ces révélations interviennent quelques jours après que les services pénitentiaires de l'Oklahoma ont failli reproduire la même erreur. L'exécution de Richard Glossip, qui bénéficie d'une vaste campagne de soutien, a été suspendue le 30 septembre, en raison des doutes sur l'acétate de potassium. Trois autres exécutions ont été depuis reportées dans cet Etat.

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Un des défenseurs de Richard Glossip, Dale Baich, estime que cette confusion sur les produits injectés "soulève à nouveau des questions graves sur les capacités des autorités pénitentiaires de l'Oklahoma à procéder à des exécutions". L'Etat du centre du pays n'en est pas à sa première bavure. En avril 2014, Clayton Lockett était mort dans d'atroces souffrances après plus de 40 minutes d'agonie à la suite d'une injection ratée.

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Problèmes de surdosage, cas d'intolérances aux hypnotiques, erreurs dans la préparation des doses, pénurie de produits mortels... le sort de Charles Warner s'inscrit plus largement dans une controverse durable sur les injections létales aux Etats-Unis.

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