Etats Unis : ce que les républicains vont (peut-être) faire au Congrès

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MIDTERMS - Après la défaite démocrate aux élections de mardi, Barack Obama va devoir composer avec un Congrès contrôlé par des républicains. Ceux-ci ont déjà une idée précise de la politique à mener. Plus facile à dire qu'à faire...

Et maintenant ? Fort de leur succès dans les urnes, les républicains ont pris le contrôle total du Congrès américain. Un sérieux revers pour Barack Obama et ses alliés démocrates qui préfigure deux années d'une difficile cohabitation. Explications.

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"Le trop d'Etat a suffisamment duré"

Les adversaires du président américain ont en effet conquis le Sénat et renforcé leur majorité à la Chambre des représentants, ce qui les place en position de dicter l'agenda parlementaire pour les deux prochaines années. Au programme : une grosse dose d’économie. Des dizaines de lois "pro-croissance" sont d’ores et déjà prêtes pour autoriser la construction de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et le Golfe du Mexique, doper la production de gaz naturel, ou encore aider les petites entreprises et réduire les réglementations. "Cette expérience de trop d'Etat a suffisamment duré. Il est temps de changer de direction !", a prévenu le sénateur Mitch McConnell, le nouveau patron du Sénat.

Même refrain du côté de son collègue John Boehner, à la tête de la Chambre des représentants. Celui-ci a annoncé que le nouveau Congrès, qui prendra ses fonctions début janvier, s'attacherait à "réformer le code fiscal, réduire notre problème de dépenses, réformer notre système juridique, notre système de réglementations et améliorer notre système éducatif".

Les républicains menacés par le Tea Party

En matière de politique internationale, le programme nucléaire de Téhéran promet une sacrée bataille au sein du nouveau Congrès. Barack Obama a jusqu'à présent eu les mains libres . Et grâce à ses alliés démocrates du Sénat, il a réussi à arrêter les projets de nouvelles sanctions avancés par les élus sceptiques de la bonne foi des Iraniens. Un Sénat contrôlé par les républicains n'aura pas la même déférence, si le président américain acceptait de prolonger les négociations au-delà de novembre. De même, les républicains utiliseront le Sénat comme une plateforme pour critiquer la stratégie de l'administration contre les jihadistes de l'EI en Irak et en Syrie. Deux dossiers dans lesquels in fine leur pouvoir de nuisance demeure symbolique, Barack Obama ayant le dernier mot grâce à son droit de veto.

"Le message des électeurs est clair : ils veulent que nous travaillions ensemble", a malgré tout estimé Harry Reid, actuel chef de la majorité démocrate. L’impasse était en effet totale après quatre années d’une guerre de tranchées parlementaire. Aucune réforme d'ampleur n'a été adoptée, notamment sur l'immigration qui reste un dossier brûlant avec plus de 11 millions de sans-papiers installés aux Etats-Unis. Reste à savoir si les républicains parviendront à remettre au travail le Congrès. Car s’ils disposent désormais d’une majorité, celle-ci pourrait se révéler capricieuse. Les dissensions internes au parti républicain sont notoires, et rien n'indique que les élus du Tea Party, comme le sénateur texan Ted Cruz, vont accepter de tendre la main aux démocrates pour favoriser un esprit de compromis. Réagissant immédiatement aux élections sur CNN, Ted Cruz a directement contredit le chef républicain en assénant : "Nous devons adopter une abrogation complète" d'Obamacare.

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