Etats-Unis : comment l’éviction du patron du FBI devient explosive pour Donald Trump

FÉBRILE - En menaçant ce vendredi l’ex-patron du FBI James Comey, qu’il a évincé de son poste trois jours plus tôt, Donald Trump semble montrer des signes de nervosité. Et de fait : l’affaire, qui a déjà provoqué une tempête politique, pourrait bien devenir intenable pour le président des Etats-Unis.

Une certaine fébrilité semble en train de gagner la Maison-Blanche. En menaçant ce vendredi sur Twitter l’ex-patron du FBI James Comey, qu’il a évincé de son poste trois jours plus tôt, Donald Trump commence en effet à montrer quelques signes de nervosité. Et pour cause : ce limogeage aussi brutal que soudain, qui a déjà provoqué une tempête médiatique et politique outre-Atlantique, pourrait bien devenir tout bonnement intenable pour le président des Etats-Unis.


"James Comey ferait bien d'espérer qu'il n'existe pas 'd'enregistrements' de nos conversations avant qu'il ne commence à faire des révélations à la presse !", a lancé le milliardaire sur le réseau social dans la matinée. Un tweet qui ressemble à une tentative de pression et rappelle le système mis en place par le président Richard Nixon (1969-1974). Ce dernier avait pris l’habitude, à l'insu de ses interlocuteurs, d’enregistrer ses conversations téléphoniques et celles tenues dans le Bureau ovale. Cette manie avait fini par se retourner contre lui dans le scandale du Watergate.

Nombre de responsables font d’ailleurs le rapprochement entre l’affaire Comey et la polémique qui força Nixon à démissionner, pour le plus grand bonheur des bookmakers pariant sur une destitution de Trump. Depuis qu’il a congédié son "premier flic", le locataire du Bureau ovale n'a rien fait pour calmer le jeu ou rassurer ses critiques qui craignent une tentative d'intimidation ou de déstabilisation de la police fédérale, et plus généralement de la Justice, dont dépend le FBI. Dans la presse, des sources anonymes au sein du pouvoir ont fait part de la confusion et de la tension qui règnent au sommet de l’exécutif, la version officielle du limogeage ayant évolué au fil des jours.  

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Le "remerciement" du patron du FBI, un écho au Watergate ?

Ces fuites sont constantes depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui s'en est plaint publiquement à maintes reprises. La Maison-Blanche continue en tout cas d’assurer que cette éviction n'avait rien à voir avec l'enquête en cours du FBI sur une éventuelle collusion entre des membres de l'équipe de campagne de l’homme d’affaires et la Russie. Mais ce discours laisse certains sceptiques et n’apparaît pas de nature à faire baisser la méfiance en train de monter. Une quasi-défiance illustrée notamment par les propos jeudi du nouveau chef du FBI – par intérim – Andrew McCabe et même renforcée par la publication de clichés montrant Trump en compagnie du chef de la diplomatie du Kremlin Sergueï Lavrov et de l'ambassadeur Sergueï Kisliak. 

Les faux médias font des heures supplémentaires aujourd'huiDonald Trump via Twitter ce vendredi matin

Auditionné par le Congrès, celui-ci a rendu un hommage appuyé à son ancien patron, soulignant qu'avoir été son adjoint avait été "le plus grand privilège et honneur de sa vie professionnelle". Et au risque d'agacer encore un peu plus le Président, l’ancien numéro deux assure que l’enquête sur les possibles ingérences russes, de la plus haute importance selon lui, se poursuivrait coûte que coûte. Cette position semble être partagée par ses troupes : au moins une douzaine d’agents, rapporte le Daily Beast, ont ainsi utilisé des portraits de James Comey en guise de photo de profil Facebook. Un geste habituellement réservé aux policiers morts en service. 


Pas de quoi rasséréner les nerfs de Donald Trump. Le degré de colère du 45e président américain était perceptible dans une série de tweets matinaux vendredi : "Les faux médias font des heures supplémentaires aujourd'hui ! (…) À nouveau, l'histoire de collusion entre les Russes et la campagne Trump a été inventée par les démocrates comme un prétexte pour justifier leur défaite à l'élection." Si la digue républicaine autour du chef de l’Etat paraît pour l’instant tenir au Congrès, ce qui rend la procédure d’impeachment peu probable, des dizaines d’élus du camp présidentiel ont publiquement fait part de leur malaise. Certains, imitant les démocrates qui réclament la nomination d’un procureur spécial, appellent même à la création d'une commission d'enquête indépendante sur la Russie. La situation devient de plus en plus explosive pour Donald Trump. 

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