Etats-Unis : la Cour suprême remet en vigueur le "Muslim Ban" de Trump

Etats-Unis : la Cour suprême remet en vigueur le "Muslim Ban" de Trump

IMMIGRATION - La Cour suprême a autorisé lundi soir l'administration Trump à appliquer son décret anti-immigration pourtant controversé. La Maison Blanche s'est félicitée de cette décision.

Une victoire pour la Maison Blanche.  Après avoir eu à affronter plusieurs refus de la justice d'appliquer les versions initiales de son décret anti-immigration, l'administration Trump a finalement obtenu satisfaction devant la Cour suprême. Cette dernière a autorisé lundi soir la pleine application de la troisième version du texte destiné à interdire l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de différents pays, surnommé "Muslim Ban", car il visait principalement des pays musulmans, au nom de la lutte  contre le terrorisme. La Maison Blanche a déclaré dans un communiqué être satisfaite de la décision de la Cour suprême. "Le décret est légal et essentiel pour la protection du pays",  a ainsi déclaré un porte-parole. Le ministre de la Justice, Jeff Sessions, a de son côté salué une "victoire importante pour la sécurité du peuple américain".

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La dernière version de ce décret très controversé, signée le 24 septembre dernier par Donald Trump, avait été suspendue le 17 octobre par un juge de Hawaï. Ce dernier estimait que le texte peinait à démontrer en quoi autoriser l'entrée de 150 millions de ressortissants étrangers des pays visés "nuirait aux intérêts des Etats-Unis". Un juge du Maryland avait également bloqué la mesure dans la foulée. Les pays visés, majoritairement de confession musulmane, étaient la Libye, la Somalie, le Tchad, l'Iran, la Syrie, le Yémen. La Corée du Nord y avait été ajoutée. Le texte suspendait par ailleurs l'entrée sur le sol américain de responsables gouvernementaux vénézuéliens.

Deux audiences cette semaine

Le gouvernement de Donald Trump avait fait appel de ces décisions, dans la lignée des actions précédentes en la matière. La bataille entre ces juges et l'administration ayant commencé fin janvier, avec de multiples rebondissements en première instance et en appel, devant plusieurs juridictions du pays. En novembre, le président américain avait remporté une petite victoire lorsqu'une cour d'appel de San Francisco avait décidé d'autoriser l'application partielle de la troisième version du "Muslim Ban". Elle en exemptait toutefois les "étrangers qui peuvent démontrer une relation authentique avec une personne ou une entité aux États-Unis". 


Lundi, dans son jugement, la Cour suprême américaine a autorisé la mise en application totale de ce décret, en attendant que la justice en appel se prononce, les 6 et 8 décembre prochains, sur les recours déposés dans le Maryland et à Hawaï. Donald Trump a justifié ces trois décrets migratoires par des motifs de sécurité nationale. Ses détracteurs lui reprochent toujours de viser de façon discriminatoire et sans raison des dizaines de millions de personnes issues de la communauté musulmane. 

Les "préjugés anti-musulmans du président Trump"

Plusieurs organisation de défense des réfugiés ont vivement critiqué, lundi, le jugement rendu par la Cour suprême.  "C'est malheureux que le décret puisse être désormais appliqué totalement", a déclaré Omar Jadwat, un responsable de l'Association de défense des droits civiques ACLU, dénonçant les "préjugés anti-musulmans du président Trump (qui) ne sont pas un secret". L'ACLU, qui avait saisi le juge du Maryland avec d'autres organisations de défense des réfugiés, continuera "à se battre pour la liberté, l'égalité et pour tous ceux qui sont injustement séparés de leurs proches", a-t-il assuré.

   

Ce jugement "va empêcher de nombreuses personnes éligibles (à l'entrée aux Etats-Unis) de rejoindre leur famille, de reprendre leurs études ou de travailler", a affirmé Mariko Hirose, responsable de l'International Refugee Assistance Project (IRAP). La décision aura "des conséquences dévastatrices pour ces personnes et toute la communauté musulmane", a-t-elle estimé.

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