"Ne pas s'encombrer avec un enfant" : des détenus américains invités à se faire stériliser en échange d'une réduction de peine

"Ne pas s'encombrer avec un enfant" : des détenus américains invités à se faire stériliser en échange d'une réduction de peine
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DEAL - C'est à un drôle d'arrangement que sont confrontés les détenus d'une prison du Tennessee. Depuis mi-mai, ils ont la possibilité de choisir de se faire stériliser en échange d'une réduction de leur peine. Aux États-Unis, les détracteurs se font déjà entendre.

La mesure fait polémique. Depuis mi-mai, les détenus d’une prison du Tennessee, aux États-Unis, ont un choix cornélien à faire. Purger leur peine jusqu’au bout, ou réduire celle-ci de 30 jours en acceptant de suivre un programme de contrôle de la natalité sur trois ans. Les hommes doivent se soumettre à une vasectomie, les femmes se faire installer un implant contraceptif dans le bras. Ces procédures, gratuites, sont menées par le l’office chargé de la santé dans cet État américain.


"J’espère les encourager à prendre des responsabilités personnelles et leur donner une chance, quand ils sortiront, de ne pas s’encombrer avec un enfant", explique à ABC 15 le juge Sam Benningfield à l’origine de ce dispositif. Depuis le début du programme, 32 femmes et 38 hommes se sont portés volontaires. "Je sais que cela ne convaincra pas tout le monde, mais si vous touchez deux ou trois personnes, il y aura peut-être deux ou trois enfants de moins qui ne seront pas nés sous l’influence de la drogue. Je vois ça comme du gagnant-gagnant", poursuit le juge.

"Ce n'est pas au système judiciaire de mandater ou d'encourager" la stérilisation

Malgré l’enthousiasme de Sam Benningfield, la mesure prête à débat. Le procureur du district, Bryant Dunaway estime que "ces décisions sont personnelles" et que "ce n’est pas au système judiciaire de mandater ou d’encourager" ce genre de choses. La plus grande association américaine de défense des droits civiques, l’ACLU, a pour sa part déclaré dans un communiqué qu’offrir "un soi-disant "choix" entre la prison et la contraception forcée ou la stérilisation est inconstitutionnelle".


De tels programmes ont déjà rencontré des obstacles juridiques auparavant. En 2014, la Californie avait interdit la stérilisation forcée des détenus après des révélations qui prouvaient que 39 femmes avaient été stérilisées illégalement en prison sans leur consentement.

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