Etats-Unis : des religieuses édifient une chapelle sur le tracé d’un gazoduc pour bloquer sa construction

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GARDER LA FOI – Opposées à un projet de gazoduc sur leurs terres, des religieuses américaines se sont lancées dans un bras de fer démesuré contre les autorités de Washington. Pour arriver à leurs fins, les nonnes ont édifié une chapelle sur le tracé du pipeline pour empêcher sa construction.

Leurs prières seront-elles être exaucées ? Rien n’est moins sûr, mais ces bonnes sœurs catholiques de Pennsylvanie ne veulent pas désespérer. Opposées à un projet de construction de gazoduc – "the Atlantic Sunrise pipeline", censé transporter du gaz de schiste – sur leurs terres, des religieuses américaines se sont en tout cas lancées dans un bras de fer, en apparence démesuré, avec les autorités de Washington. Des autorités qui subissent déjà le courroux des Sioux du Dakota pour un projet similaire, ainsi que de nombreuses villes ou communautés depuis l’annonce par Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat.  

Façon "David contre Goliath", comme l’a rapporté début juillet le site Lancaster Online, ces nonnes issues de l’ordre des Adoratrices du Sang du Christ (The Adorers of the Blood of Christ) viennent de déposer une plainte à l’encontre la Commission fédérale de régulation de l'énergie (FERC), autorités compétente sur le sujet. Mieux, afin de faire prévaloir leur liberté de religion, garantie par le premier amendement de la sacro-sainte Constitution, les sœurs ont été jusqu’à édifier une chapelle de fortune (voir le tweet ci-dessous), au milieu des champs de maïs, sur le tracé du pipeline, pour en empêcher sa construction. 

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"Ce projet va à l'encontre de tout ce en quoi nous croyons en nous ", a déclaré l’une de ces "résistantes" au Washington Post. Linda Fischer, 74 ans, et les autres Américaines de l’ordre n’entendent pas se laisser faire. Aidées par leurs avocats, elles arguent devant la justice que les forcer à accueillir le pipeline serait contraire à leurs "croyances religieuses profondes et aux convictions des Adoratrices". Il faut dire que ce projet, évalué à près de 3 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros), traverserait l’une des terres dont les sœurs, très attachées à la nature, sont propriétaires. 

En 2005, indique le Guardian, les religieuses, dont la congrégation a été fondée en 1834, ont adopté une "morale de la terre" défendant le caractère sacré de la création. Elles considèrent depuis que le monde est un "sanctuaire où toute la vie doit être protégée". Leurs avocats expliquent d’ailleurs qu’elles comptent parmi leurs missions d’"éduquer et d’aborder les questions importantes de la justice sociale et environnementale, telles que la pauvreté, la guerre, le racisme ou le réchauffement climatique". Incompatible avec le gazoduc. 

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Celui-ci, une extension d’un autre pipeline allant de New York au Texas, doit permettre, selon le site officiel du projet, de "fournir suffisamment de gaz naturel pour répondre aux besoins quotidiens de plus de 7 millions de foyers américains en reliant les régions productrices du nord-est de la Pennsylvanie aux marchés des États de l'Atlantique sud et du sud-est". Pas de quoi convaincre les bonnes sœurs ni les autres habitants de la région opposés au projet de lâcher le combat qui, pour certains, ont promis de protéger la chapelle nuit et jour en cas de décision défavorable de la justice. En attendant, tous continuent de prier. 

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