Donald Trump gracie l'ex-magnat de la presse Conrad Black, l'un de ses fans condamné pour fraude

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ETATS-UNIS - Donald Trump a gracié l'un de ses plus fervents supporteurs, ce mercredi à Washington. Il s'agit de l'ex-magnat de la presse Conrad Black, qui a purgé une peine de prison de trois ans et demi pour fraude et entrave à la justice.

Voilà une grâce présidentielle qui ne devrait pas passer inaperçue. Ce mercredi 15 mai à Washington, Donald Trump a gracié l'un de ses plus grands fans : Conrad Black, un sulfureux ex-patron de presse qui ne tarit pas d'éloges sur le président américain. 

Dans un communiqué, la Maison Blanche a justifié sa décision par le fait que "Lord Black est à l'origine de contributions remarquables au monde des affaires, ainsi qu'à la pensée politique et historique". "Le sort de Lord Black lui a attiré le soutien de nombreuses personnalités éminentes, qui ont vigoureusement attesté de sa force de caractère exceptionnelle", a ajouté la présidence américaine. Une décision quelque peu polémique en raison du passé de Conrad Black qui, l'année dernière, avait publié un panégyrique dédié à Trump : "Donald J. Trump, un président pas comme les autres". 

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Supporteur invétéré de Donald Trump, Lord Black de Crossharbour, comme il convient de l'appeler, a été accusé en 2004 d'un détournement de fonds à hauteur de 60 millions de dollars entre 1999 et 2001. En première instance, il avait été reconnu coupable de n'avoir détourné, via l'attribution de bonus, que 6,1 millions de dollars lors de la cession de journaux. Multipliant les procédures, il est allé jusqu'à la Cour Suprême des Etats-Unis pour clamer son innocence. En 2010, il est libéré après une décision de cette dite Cour qui avait trouvé une faille juridique dans la loi fédérale sur la fraude en vertu de laquelle il avait été condamné à l'origine à 78 mois de prison.

Dans la foulée, la Cour d'appel fédérale de Chicago avait annulé deux des quatre verdicts de culpabilité mais en avait toutefois maintenu deux autres : fraude et obstruction à la justice. Sa peine a alors été raccourcie et finalement, Conrad Black était sorti de prison en 2012 puis expulsé vers son pays natal, le Canada. Reste que son nom n'avait pas été totalement blanchi et Black, renonçant à sa nationalité canadienne avait tenté d'accéder à la Chambre des Lords en Grande-Bretagne. Avec succès puisqu'il y entre en 2001, comme en atteste le site de l'institution

Cette accession a la Chambre des Lords avait donné lieu à une querelle avec Jean Chrétien, alors Premier ministre canadien, qui n'avait pas apprécié la pairie de l'homme d'affaires avec la haute assemblée britannique. Sollicité mercredi par l'AFP, le bureau du Premier ministre canadien Justin Trudeau a refusé de commenter dans l'immédiat la mesure de clémence accordée à Conrad Black.

Pour ses détracteurs, Trump fait profiter de la grâce présidentielle ses soutiens de la première heure

Aussi polémique puisse-t-elle être, cette grâce présidentielle est un droit régalien que la Constitution des Etats-Unis confère à son président, et Donald Trump n'hésite pas à y avoir recours. Selon ses critiques, il en fait surtout profiter ses soutiens de la première heure.

L'année dernière, Donald Trump a ainsi gracié Dinesh D'Souza, un conservateur polémiste très anti-démocrate. Il avait plaidé coupable en 2014 d'infraction aux lois sur le financement électoral. M. D'Souza avait été condamné à 30.000 dollars d'amende et à cinq ans de mise à l'épreuve, dont huit mois dans un centre de liberté surveillée. A l'été 2017, Donald Trump avait gracié l'ancien shérif Joe Arpaio, condamné pour ses méthodes policières discriminatoires envers les immigrés clandestins.

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