Trump la nomme à la Cour suprême : qui est la juge ultra-conservatrice Amy Coney Barrett ?

Donald Trump et Amy Coney Barrett, le 26 septembre 2020.
International

PORTRAIT - Le choix de Donald Trump s'est arrêté sur Amy Coney Barrett. Catholique pratiquante de 48 ans, la juge devrait succéder à Ruth Bader Ginsburg et ancrer durablement la Cour suprême dans le conservatisme. Elle doit encore être validée par le Sénat.

Donald Trump a déjà fait son choix. Comme révélé par les médias, avançant des sources républicaines bien placées, le président des États-Unis a désigné ce samedi 26 septembre la juge ultra-conservatrice Amy Coney Barrett pour succéder à Ruth Bader Ginsburg. Le suspense avait été levé dès vendredi soir par la presse, qui avait rapporté à l'unisson qu'il avait choisi cette catholique pratiquante de 48 ans, opposée à l'avortement, pour prendre le siège à la Cour suprême de l'icône progressiste "RBG", décédée le 18 septembre, à l'âge de 87 ans, après un intense combat contre la maladie. 

Si la candidate de Trump est confirmée, comme attendu, par le Sénat à majorité républicaine, celle que l'on surnomme déjà "ACB" ancrera encore plus l'institution-clé dans le conservatisme, les magistrats étant nommés à vie. La Cour suprême ne comptera plus que trois juges progressistes sur ses neuf membres. Et, fait rare, l'ex-magnat de l'immobilier aura ainsi désigné, en un seul mandat, trois juges de la plus haute juridiction, qui tranche des questions ultra-sensibles, comme l'avortement. Malgré l'opposition des démocrates, la chambre haute pourrait même valider ce choix avant la présidentielle du 3 novembre.

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La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a encore exhorté ce samedi le Sénat à "reporter le processus de confirmation" jusqu'au lendemain de l'investiture du prochain président, le 20 janvier. En attendant que le processus aille à son terme, la désignation de la catholique Amy Coney Barrett a tout pour galvaniser l'électorat chrétien conservateur de Donald Trump, sur lequel il s'est largement appuyé lors de son élection-surprise en 2016. Mère de sept enfants (dont deux adoptés), la quadragénaire, originaire de Louisiane, a étudié à l'université catholique de Notre-Dame dans l'Indiana. 

"ACB" est aussi une proche de "People of Praise". Selon le New York Times, le groupe religieux "né du mouvement de renouveau charismatique catholique (RCC)" a adopté "des pratiques pentecôtistes telles que la croyance en la prophétie et la guérison divine". Newsweek rapporte qu'il "enseigne que les maris doivent assumer l'autorité en tant que chef de famille". Amy Coney Barrett est d'ailleurs connue pour ses prises de position traditionalistes et conservatrices. Cette professeure de droit, hostile au contrôle des armes à feu et à l'Obamacare, est ouvertement anti-avortement et contraception. Inexpérimentée, seulement nommée juge fédérale en 2017, elle peut se défendre d'avoir travaillé comme assistante du juge Antonin Scalia, l'un des plus conservateurs de la Cour, qui a officié de 1986 à 2016.  

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Par ailleurs, la juge ultra-conservatrice n'est pas une totale inconnue. Elle faisait déjà partie des favoris en 2018 pour siéger à la Cour suprême, lorsque le juge Anthony Kennedy a pris sa retraite. Selon les médias américains, qui se sont entretenus avec des sources proches du processus, l'entretien d'"ACB" ne s'était "pas particulièrement bien déroulé". Donald Trump lui avait finalement préféré le très controversé juge Brett Kavanaugh. Mais, à l'époque, le président aurait confié aux partisans de Barrett qu'il la "gardait" pour occuper le siège de Ruth Bader Ginsburg, si d'aventure elle venait à se retirer ou à mourir. 

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