Etats-Unis : Donald Trump signe un décret pour lancer le projet de mur avec le Mexique

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INTERNATIONAL - Le président américain Donald Trump vient de donner une impulsion pour concrétiser la promesse la plus emblématique de sa campagne : la construction d'un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Un projet condamné par son homologue mexicain.

Le président américain Donald Trump a signé ce mercredi un décret lançant le projet de construction d'un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, la promesse la plus emblématique de sa campagne. "A partir d'aujourd'hui, les Etats-Unis reprennent le contrôle de leurs frontières", a déclaré le nouveau président républicain lors d'une cérémonie au ministère de la Sécurité intérieure, ajoutant qu'"une nation sans frontières n'est pas une nation". 

Cinq jours seulement après sa prise de fonctions, le nouveau président républicain a par ailleurs signé un autre décret portant sur une application plus rigoureuse des lois sur l'immigration avec en particulier des mesures à l'encontre des "villes sanctuaires" qui accueillent des immigrés clandestins. Le président a profité de cette cérémonie pour lire publiquement les noms des parents dont les enfants auraient été, selon ses mots, "horriblement tués par des clandestins". Après cette annonce, les "villes sanctuaires" américaines ont promis de continuer à protéger leurs résidents sans-papiers et de ne pas les dénoncer aux autorités fédérales malgré la menace de Donald Trump de les priver de milliards de dollars de fonds fédéraux.

"Construire cette barrière n'est pas seulement une promesse de campagne, c'est une première étape de bon sens pour véritablement sécuriser une frontière qui est aujourd'hui poreuse", a pour sa part souligné le porte-parole de Donald Trump, Sean Spicer. Ce dernier a annoncé la création de davantage de centres de détention le long de la frontière pour qu'il soit "plus facile et moins cher" de détenir puis de renvoyer les immigrant illégaux dans leur pays d'origine.

Moi je vous le dis : il y aura un paiement de la part du Mexique- Donald Trump

Donald Trump avait récemment réaffirmé sur la chaîne ABC que le financement de ce mur, dont la construction devrait débuter "dans les mois à venir" serait, in fine, payé par le Mexique. "Nous serons remboursés plus tard grâce à des transactions avec le Mexique".

"Je regrette et condamne la décision des Etats-Unis de continuer la construction du mur qui depuis des années, au lieu de nous unir, nous divise" a réagi peu après le président mexicain Enrique Peña Nieto, dans un bref message vidéo diffusé sur son compte Twitter. Le président mexicain n'a pas indiqué s’il comptait annuler ou non la rencontre prévue avec le magnat républicain le 31 janvier, précisant qu'il attendrait le retour d’une délégation de haut niveau à Washington avant de prendre une décision "sur les prochaines étapes".

"Le Mexique ne croit pas aux murs. Je l'ai dit plusieurs fois : le Mexique ne paiera pour aucun mur" a-t-il encore réagi, devant la promesse du président américain de faire payer le mur par son voisin du sud. Une réaction qui ne semble pas perturber Donald Trump. "Il est obligé de dire cela", avait-t-il déjà répondu par le passé. "Mais moi je vous le dis : il y aura un paiement, même si le montage sera peut-être compliqué". 

Plus de 11 millions d'immigrants en situation irrégulière

"Le fantasme du président Trump de sceller la frontière avec un mur est alimenté par un parti pris racial et ethnique qui déshonore la tradition américaine de protection des migrants vulnérables", a réagi l'Aclu, principale association américaine de défense des libertés individuelles. Le président Peña Nieto a par ailleurs annoncé qu'il avait demandé aux 50 consulats mexicains aux Etats-Unis de se transformer "en authentiques défenseurs des droits des migrants mexicains."

Selon des médias américains, Donald Trump pourrait signer dans les jours qui viennent des décrets visant à limiter l'accès aux Etats-Unis pour les réfugiés et les détenteurs de visas en provenance d'Irak, d'Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen. Plus de 11 millions d'immigrants en situation irrégulière vivent aux Etats-Unis, certains depuis de très nombreuses années. Près de la moitié sont originaires du Mexique. 

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Réponse du président Nieto à Donald Trump : le Mexique ne financera pas le mur entre les deux pays

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