Donald Trump renonce à séparer enfants et parents migrants : que dit le décret ?

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DÉCRET MIGRATOIRE - Que contient le décret signé par Donald Trump mercredi pour mettre fin à la crise des familles de migrants séparés à la frontière ? Réponse en cinq points.

Face à la polémique, Donald Trump a signé mercredi un décret présidentiel destiné à éviter la séparation des familles de migrants ayant franchi illégalement la frontière avec le Mexique. "Cela me tient particulièrement à coeur (...) Nous n'aimons pas voir des familles séparées, a-t-il lancé. Il s'agit de maintenir les familles unies tout en faisant en sorte de garantir que notre frontière restera très puissante, très forte." Le décret met fin à la crise, mais il ouvre la porte au prolongement de leur durée de rétention tout en sommant le Congrès d'apporter une solution  permanente. En voici les principaux points :

Poursuites au pénal maintenues 

Tout adulte surpris franchissant la frontière illégalement, même s'il veut  demander l'asile, sera interpellé et poursuivi systématiquement au pénal. Ceci ne change pas par rapport à la nouvelle politique de "tolérance zéro" annoncée  le 7 mai. Cette dernière rompt avec la pratique des précédents présidents  américains qui privilégiaient la voie civile. Les demandeurs d'asile se présentant aux postes-frontières ne sont pas arrêtés, assure l'administration Trump, contrairement à ce qu'ont rapporté des  médias américains. 

Familles en centre de rétention

Les enfants de familles de migrants interpellés ne seront désormais plus  séparés de leurs parents ou tuteurs légaux mais placés avec eux dans des  centres de rétention, sous l'autorité du ministère de la Sécurité intérieure. 

Allongement de la durée légale pour les mineurs

Ces familles resteront en centre de rétention pendant toute la durée nécessaire pour traiter leur dossier et jusqu'au jugement des adultes. Leurs cas passeront en priorité "dans la mesure du possible".  Mais ces procédures peuvent parfois prendre des mois, voire des années. Le ministre de la Justice, Jeff Sessions, va donc tenter de faire modifier une  décision de justice qui interdit la détention pendant plus de 20 jours d'enfants, même en famille. Cette décision "a placé l'administration dans une position intenable", a affirmé Gene Hamilton, conseiller de Jeff Sessions. "Nous tentons d'obtenir un  plus long délai" que ces 20 jours, a-t-il précisé lors d'une conférence téléphonique après la signature du décret. 

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États-Unis : les familles des migrants séparées

Le Pentagone mis à contribution

Le ministère de la Défense reçoit l'ordre de mettre à disposition, si nécessaire, tout bâtiment pouvant être utilisé pour loger des migrants, voire  de construire de nouvelles installations. "Nous avons abrité des réfugiés, nous avons abrité des gens qui avaient perdu leurs maisons à cause de séismes et d'ouragans. Nous faisons tout ce qui est dans le meilleur intérêt du pays", a déclaré le chef du Pentagone, Jim Mattis, aux journalistes qui l'interrogeaient sur l'éventualité de loger ces  familles dans des bases militaires. 

Le Congrès sommé d'agir

Le message est clair dès l'intitulé du décret, qui se veut une "opportunité pour le Congrès de régler la question des séparations de familles". "Il est malheureux que l'incapacité à agir du Congrès et des décisions de justice aient mis l'administration dans la position de devoir séparer des  familles étrangères pour pouvoir, de fait, appliquer la loi", poursuit le texte. "Le Congrès doit désormais fournir une solution permanente à cette  situation", a souligné Gene Hamilton.  Les républicains de la Chambre des représentants ont promis un vote sur l'immigration dès jeudi, qui mettra fin aux séparations des familles et aux "failles" du système actuel notamment en réglant le statut des "Dreamers", ces  jeunes arrivés sans papiers alors qu'ils étaient encore mineurs.    


Deux textes devraient être soumis à la Chambre, où les républicains  détiennent une confortable majorité : l'un très conservateur et l'autre visant à rallier le plus de voix possibles à droite. Problème, même ce dernier n'est pas assuré de passer la Chambre tant le  sujet divise au coeur même du parti. Les démocrates ont dit qu'ils voteraient contre. Il devrait de toutes façons avoir du mal à franchir ensuite le cap du  Sénat, où les sénateurs républicains n'ont qu'une maigre majorité (51-49).  Certains plaident donc pour l'instant pour une mesure ciblant exclusivement le cas urgent des familles séparées.

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