Le coup de fil surréaliste de Donald Trump réclamant de lui "trouver 11.760 bulletins" à son nom

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SCANDALE - Un enregistrement sidérant révèle que Donald Trump a demandé à un responsable électoral de l'État de Géorgie de lui "trouver" les bulletins de vote nécessaires pour annuler sa défaite.

Un appel édifiant qui en dit long sur la méthode Trump. Le futur ex-président des États-Unis, qui refuse toujours de concéder sa défaite face au démocrate Joe Biden, ne recule devant rien. En voilà une nouvelle preuve, s’il en fallait. Le Washington Post révèle que l’actuel locataire de la Maison Blanche a demandé au responsable en charge des élections en Géorgie de "trouver" les bulletins de vote nécessaires pour annuler sa défaite dans cet État clé lors d’une longue conversation téléphonique à la teneur pour le moins stupéfiante, alternant pressions et cajoleries. L'enregistrement de la discussion, réalisé à son insu et rendu public dimanche 3 janvier par le quotidien américain, a eu l'effet d'une bombe. 

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Élection américaine : Trump vs Biden, la folle campagne

"Tout ce que je veux, c'est trouver 11.780 bulletins (...) parce que nous avons gagné cet État", lui a-t-il notamment déclaré, alors que la victoire du démocrate Joe Biden en Géorgie avec environ 12.000 voix d'écart a été confirmée par un recomptage et des audits. "Il n'y a pas de mal à dire que vous avez recalculé", lui suggère-t-il, tout bonnement, sans le moindre complexe. Invoquant des "rumeurs" de fraudes, Donald Trump a jugé, d'une voix étranglée par l'émotion, "injuste que l'élection (lui) ait été volée". Au cours de la conversation, il affirme notamment que des milliers de morts ont voté et des bulletins comptés trois fois. 

Onde de choc

En dépit des menaces à peine déguisées brandies par le président sortant, l'élu républicain Brad Raffensperger, qui était accompagné d'un avocat de l'État, n'a pas cédé. "Nous pensons que nos chiffres sont bons", a-t-il sobrement rétorqué. La diffusion de cet enregistrement, que la Maison Blanche n'a pas souhaité commenter, a immédiatement suscité une onde de choc à Washington.

"Le mépris de Trump pour la démocratie est mis à nu", a notamment commenté l'élu démocrate Adam Schiff, en jugeant ses pressions "potentiellement répréhensibles". La future vice-présidente, Kamala Harris, elle, parle de "voix du désespoir" et a dénoncé dimanche "un abus de pouvoir éhonté". L'acte d'un "président désespéré et corrompu", a surenchéri la démocrate Debbie Wasserman Schultz.

"Accablant"

Chez les républicains, de rares voix se sont indignées. Donald Trump bénéficie encore d'un grand soutien au sein du Grand Old Party. La sénatrice républicaine Kelly Loeffler, qui jouera son siège dans cet État mardi, n'a pas répondu à une question sur le scandale lancée à la volée lors d'un acte de campagne. Et si la nouvelle ne s'était pas encore répandue auprès des spectateurs, plusieurs électeurs de Donald Trump soutenaient, comme lui, qu'il avait bien remporté l'élection. 

"C'est accablant", a toutefois tweeté l'élu républicain Adam Kinzinger, en appelant les membres de son parti à ne pas suivre le président dans sa contestation des résultats. "Vous ne pouvez pas faire ça en ayant la conscience tranquille", leur a-t-il lancé.

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Le candidat républicain s'est lancé dès novembre dans une croisade pour nier la victoire de Joe Biden mais a essuyé des échecs systématiques devant la justice et auprès des élus locaux, y compris républicains, qui ont tenu face à ses pressions. Le collège électoral a déclaré le 14 décembre la victoire au démocrate avec 306 grands électeurs contre 232 au président sortant, un score qui doit être certifié mercredi au Congrès en vue de la prestation de serment du 46e président des États-Unis le 20 janvier.

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