Guerre commerciale : le principal conseiller économique de Donald Trump claque (lui aussi) la porte

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ETATS-UNIS - Gary Cohn, principal conseiller économique de Donald Trump, a annoncé mardi sa démission après la décision très controversée du président américain de taxer les importations d'acier et d'aluminium.

Nouvelle secousse de taille à la Maison Blanche : Gary Cohn, principal conseiller économique de Donald Trump, a annoncé mardi soir sa démission après la décision très controversée du président américain de taxer les importations d'acier et d'aluminium.


Un départ qui a poussé mercredi les Bourses asiatiques dans le rouge à l'ouverture. Cet ancien numéro deux de la banque Goldman Sachs, vent debout contre la politique du magnat de l'immobilier sur ce dossier, rejoint l'impressionnante liste de proches collaborateurs de Donald Trump ayant déjà quitté le navire.

Donald Trump droit dans ses bottes

La réaction des marchés ne s'est donc pas faite attendre, ce départ intervenant au moment où le président américain semble déterminé à dérouler une politique isolationniste qui sème la consternation à travers le monde et effraie une partie de son propre camp. En Chine, les places boursières ont ouvert en repli, minées par les craintes de guerre commerciale. La Bourse de Tokyo a également démarré dans le rouge, l'annonce du départ de M. Cohn faisant passer au second plan celle d'un sommet historique prochain entre les deux Corées.


Donald Trump semble être resté de marbre, comme en témoigne ce tweet, posté dans la soirée : "Prendrai bientôt une décision sur la nomination d'un nouveau conseiller économique en chef. Beaucoup de gens veulent ce poste - choisirai avec sagesse !".

Ce n'est pas la première fois que Gary Cohn, 57 ans, se montrait ouvertement en désaccord avec Donald Trump. En août 2017, il l’avait critiqué pour sa réaction après les violences racistes de Charlottesville, en Virginie, mais n'avait pas franchi le pas de la démission. Cette fois-ci, il a marqué son départ d'un communiqué laconique : "Ce fut un honneur de servir mon pays et de mettre en place des politiques pro-croissance favorables aux Américains, avec en particulier le vote d'une réforme fiscale historique", écrit-il.


Dans un tweet matinal, Donald Trump avait contesté l'idée d'un fonctionnement chaotique de la Maison Blanche, assurant que la cascade de départs au sein de son équipe n'était que le fonctionnement normal de la West Wing. "Il n'y pas de Chaos, juste une Energie fantastique", avait-il lancé, dans une étonnante formule.

Guerre des importations

La semaine dernière, Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium sur les importations aux Etats-Unis afin de protéger ces secteurs jugés cruciaux pour la sécurité nationale. La plupart des partenaires commerciaux de Washington ont clairement indiqué qu'ils n'entendaient pas rester les bras croisés. L'Union européenne a notamment dit préparer des mesures de rétorsion contre des importations américaines, dont les motos Harley-Davidson, les jeans Levi's et le whiskey bourbon.  


Mardi, le Mexique, qui fait partie avec les Etats-Unis et le Canada de l'accord nord-américain de libre-échange (Aléna), a menacé de taxer à son tour les biens américains "sensibles politiquement".  La cible principale des taxes américaines est la Chine mais plusieurs analystes ont fait observer que ce pays ne représentait que 2% des importations américaines d'acier.

Mais ses velléités d'imposer des taxes suscitent de fortes réticences au sein même de son parti républicain, majoritaire au Congrès, traditionnellement favorable au libre-échange.

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