Impeachment : grâce au soutien d'une majorité de Républicains, Donald Trump est-il sorti d'affaire ?

Impeachment : grâce au soutien d'une majorité de Républicains, Donald Trump est-il sorti d'affaire ?

SOUTIEN - Près de trois semaines après l'assaut meurtrier du Capitole par des partisans de Donald Trump, la procédure de destitution engagée à son encontre semble de moins en moins prête à aboutir. Mardi soir, une majorité de sénateurs républicains s'est opposée à la tenue du procès.

Le procès en destitution de Donald Trump serait-il "mort-né" ?, comme l'affirme le sénateur républicain Rand Paul ? Alors que l'impeachment semblait il y a encore quelques jours être une sanction presque courue d'avance pour l'ex-président américain, accusé "d'incitation à l'insurrection" dans l'assaut meurtrier du Capitole, presque tous les sénateurs républicains ont soutenu mardi une tentative de bloquer la procédure judiciaire.

À l'origine de ce vote, le républicain libertarien Rand Paul. Celui-ci contestait le fait que ce procès ait lieu après que Donald Trump ait quitté la Maison Blanche et donc ses fonctions de président, estimant la démarche anticonstitutionnelle. Ce point soulevé en séance a forcé un vote des sénateurs pour se prononcer sur le sujet et "tuer" ou non sa tentative de bloquer le procès. En fin de compte, 45 des 50 sénateurs républicains ont soutenu son initiative, dont le puissant chef de leur groupe, Mitch McConnell, qui n'avait pourtant pas exclu de condamner l'ex-président. Seuls cinq républicains ont voté contre, aux côtés des 50 démocrates : Mitt Romney, Susan Collins, Lisa Murkowski, Ben Sasse et Pat Toomey.

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L'impeachment avorté ?

Donald Trump est-il pour autant sorti d'affaire ? Pas si sûr. Car certains ont souligné que ce vote ne préjugeait pas de leur décision finale de le condamner, ou non. Juste avant ce vote d'ailleurs, les 100 sénateurs, exceptionnellement tous présents, ont prêté le serment de rendre "une justice impartiale" dans le procès qui débutera de toutes les façons à la chambre haute le 9 février. Ils ont ensuite voté sur les règles d'organisation du procès, une résolution approuvée là par 83 voix contre 17.

C'est le démocrate Patrick Leahy qui présidera le procès, en sa qualité de "président pro tempore" du Sénat, un titre qui revient traditionnellement au membre le plus ancien de la majorité. "Nous avons tous été témoins" des violences perpétrées par des manifestants pro-Trump le 6 janvier, qui ont fait cinq morts, a lancé le chef des démocrates Chuck Schumer. "Pour moi, Trump a fait la chose la plus méprisable qu'un président ait jamais fait. J'estime qu'il devrait être condamné"

Cependant, les démocrates, qui contrôlent désormais le Sénat d'une très infime majorité, auraient besoin de 17 voix républicaines pour le condamner. Un nombre qui semble difficile, voire quasi impossible à atteindre, comme l'a admis Joe Biden lui-même lundi soir. "Le Sénat a changé depuis que j'y étais, mais il n'a pas beaucoup changé", a-t-il admis.

L'ombre de Donald Trump toujours présente

Pour autant, le résultat de ce vote prouve combien Donald Trump, malgré son retrait dans sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago en Floride et le record d'impopularité avec lequel il a quitté le pouvoir, exerce encore une forte influence sur son parti. L'une de ses fidèles au Congrès, la nouvelle élue pro-Trump et issue de la mouvance complotiste QAnon, Marjorie Taylor Greene, avait lancé un "avertissement" clair à ses collègues, au jour de son départ de la Maison Blanche. "La vaste majorité des électeurs, bénévoles et donateurs républicains ne sont plus loyaux au parti républicain et à ses candidats juste parce qu'ils ont un 'R' à côté de leur nom. Leur loyauté revient désormais à Donald J. Trump", a-t-elle tweeté le 20 janvier.

Preuve en est, depuis le vote de 10 sénateurs républicains en faveur de la destitution de Donald Trump, ses partisans se mobilisent pour se venger, plongeant le parti dans une guerre civile, rapporte Politico. Ainsi, alors que les candidats républicains font campagne pour les prochaines primaires républicaines, les donateurs de l'ancien président coupent les ponts avec les titulaires républicains.

Sans passer par le biais de ses soutiens, l'ex-président a démontré ce week-end qu'il pouvait encore peser sur les élections, en faisant pencher la balance pour qu'une fervente supportrice, Kelli Ward, reste à la tête du parti républicain dans l'Arizona. Le sceau d'approbation de Donald Trump est donc encore précieux pour de nombreux candidats. Comme son ancienne porte-parole Sarah Sanders, qui brigue le poste de gouverneure de l'Arkansas en 2022 et affiche fièrement sur Twitter un communiqué du milliardaire vantant ses mérites. "Merci président Trump pour votre soutien et pour avoir toujours cru en moi", écrit-elle. 

Selon le Wall Street Journal, le milliardaire aurait également fait circuler l'idée de créer une nouvelle formation, le "parti patriote". Une "menace" sur les sénateurs conservateurs, inquiets de voir leurs électeurs le rejoindre dans ce cas. A l'inverse, affirme Politico, il aurait aussi fait dire qu'il ne comptait pas créer de nouveau parti, dans le but d'imprimer profondément son influence sur le Grand Old Party. Une façon de signaler à ceux qui voudraient le condamner qu'il encouragerait des opposants à se présenter contre eux lors de leurs prochaines primaires. 

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Donald Trump déjà acquitté une première fois par les sénateurs

Donald Trump est le premier président des Etats-Unis à tomber deux fois sous le coup d'un "impeachment", et sera également le premier à être jugé après avoir quitté la Maison Blanche. Il est accusé d'avoir incité l'assaut meurtrier de certains de ses partisans contre le Capitole, le 6 janvier, lorsque le Congrès votait pour certifier la victoire de Joe Biden à la présidentielle qu'il venait, à nouveau, de nier devant eux. 

La première fois qu'il avait été visé par une procédure d'impeachment, en décembre 2019, le président américain était mis en accusation pour abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès. Tout était parti d'un appel de Trump au président ukrainien, en juillet, dont un compte rendu avait été rendu public. Le document montrait qu'il avait cherché à faire pression sur Volodymyr Zelensky afin que Kiev ouvre une enquête sur les activités en Ukraine de l'un des fils de Joe Biden, son potentiel adversaire démocrate lors de la présidentielle de novembre 2020, en échange d’une aide militaire américaine au pays. Il avait finalement été acquitté par le Sénat le 5 février 2020. Les sénateurs avaient estimé par 52 voix sur 100 qu'il ne s’était pas rendu coupable d’abus de pouvoir et par 53 voix sur 100 qu'il ne s'était pas rendu coupable d’entrave à la bonne marche du Congrès.

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