Vidéos chocs à l’appui, les démocrates accusent Trump d’être l'"incitateur-en-chef" de l'assaut du Capitole

Vidéos chocs à l’appui, les démocrates accusent Trump d’être l'"incitateur-en-chef" de l'assaut du Capitole

PROCÈS - Au deuxième jour du procès de Donald Trump, les démocrates ont souligné la violence de l’attaque du Capitole, diffusant des images parfois inédites, et faisant le lien entre cette attaque et les mensonges de l’ancien président sur les prétendues fraudes électorales.

Des policiers hurlant de douleur, des élus terrifiés, des assaillants menaçants : au deuxième jour du procès de Donald Trump, les procureurs démocrates ont diffusé mercredi des images faisant parfois froid dans le dos, pour souligner la violence inouïe de l'assaut sur le Capitole, qui vaut à l’ancien président d'être jugé au Sénat pour "incitation à l'insurrection".

Mêlant des extraits de caméra de surveillance, parfois inédits, aux vidéos mises en ligne par les émeutiers, ils ont rappelé aux cent sénateurs, à la fois juges, jurés et témoins de ce procès historique, qu'ils avaient eux-mêmes échappé de peu "au pire".

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Des images diffusées ont ainsi montré des émeutiers chantant "Naaancy, Naaancy" à la recherche de la cheffe démocrate Nancy Pelosi, bête noire des trumpistes. D’autres ont montré le sénateur Mitt Romney, républicain qui s’est régulièrement opposé à Trump, prendre la fuite après avoir été averti par l’officier Eugene Goodman, le policier héroïque du Capitole. Le vice-président Mike Pence lui-même a été montré en train d’évacuer les lieux, avec sa famille, alors que certains manifestants appelaient à le "pendre".

Donald Trump a "attisé la hargne"

Les élus démocrates de la Chambre des représentants, chargés de porter l'accusation contre l'ancien président, ont replacé l'assaut du Capitole dans le contexte de la croisade post-électorale de Donald Trump qui a toujours refusé de concéder sa défaite face à Joe Biden. "Le président Trump n'a pas été le témoin innocent d'un accident", comme ses avocats le suggèrent, mais il "a abandonné son rôle de commandant-en-chef pour devenir l'incitateur-en-chef d'une dangereuse insurrection", a lancé Jamie Raskin, qui supervise cette équipe.

Le coup de force sanglant de ses partisans, au moment où le Congrès certifiait la victoire de son rival, n'est pas survenu "dans le vide". "La hargne de la foule a été attisée pendant des mois par Donald Trump", a renchéri Joaquin Castro.

Les démocrates entendent marquer l'opinion lors de ces audiences retransmises en direct dans tous les États-Unis. "Le grand mensonge" : c'est ainsi qu'ils ont décrit la longue campagne de désinformation sur l'élection présidentielle entretenue par le 45e président américain qui a répété pendant des semaines, sans preuves, qu'il avait été victime de fraudes électorales massives.

Après l'échec de dizaines de ses plaintes en justice et de ses multiples pressions sur les agents électoraux des États-clés, "le président Trump s'est retrouvé à court d'options non violentes pour se maintenir au pouvoir", a estimé l'élu Ted Lieu. Jusqu’à demander à ses partisans, juste avant l’intrusion dans le Capitole, de se battre "comme des diables".

Condamnation peu probable

L’exposé des faits par les démocrates a été salué par le sénateur républicain John Thune. "Ils ont fait un bon travail pour souligner les liens... pour remonter le temps", a-t-il déclaré à des journalistes lors d'une interruption de séance. Mais tous ses collègues républicains n’ont pas été convaincus par la démonstration des démocrates : Marco Rubio a ainsi estimé que Donald Trump ne portait qu’une "certaine responsabilité" dans les événements. "La responsabilité principale est celle des personnes qui ont réellement fait cela", a-t-il déclaré selon CNN

Si une poignée de sénateurs du "Grand Old Party" se sont dits prêts à condamner l’ancien président, il semble donc peu probable que 17 joignent leur voix aux démocrates pour le déclarer coupable, et in fine le rendre inéligible.

L'accusation reprendra son exposé ce jeudi, avant le tour de la défense qui disposera également d'un maximum de deux jours.

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Même si Donald Trump est acquitté, comme il y a un an lors de son premier procès en destitution, son horizon judiciaire restera chargé : en plus des investigations sur ses affaires menées à New York, une procureure de Géorgie a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête sur les pressions qu'il a exercées sur des responsables électoraux de cet État-clé.

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