Inaction de Donald Trump, défaillance du FBI... Les révélations choc du Washington Post sur l'assaut du Capitole

Assaut du Capitole : Trump, complice objectif de l'assaut ?

RÉVÉLATIONS - Dans une vaste enquête publiée dimanche, le quotidien américain pointe le manque d'anticipation du renseignement intérieur et la passivité de Donald Trump, accusé d'avoir passé plusieurs heures sans réagir lors de l’attaque du 6 janvier 2021.

Cinq mois de travail, des milliers de pages de documents judiciaires, des rapports internes des forces de l’ordre, près de 250 témoignages, mais aussi des centaines de vidéos, photographies et enregistrements audio. C'est ce qui a permis à 75 journalistes du Washington Post d'alimenter une vaste enquête publiée ce dimanche sur l’insurrection au Capitole des États-Unis le 6 janvier. 

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Le Capitole envahi par des partisans de Donald Trump

Ces derniers pointent notamment une défaillance sécuritaire et l’inaction de Donald Trump.

Le FBI avait reçu des milliers d'alertes

La principale agence du renseignement intérieur américain a reçu des milliers de messages d’alerte, de la part de ses agents et de ses informateurs sur tout le territoire, mais aussi de compagnies propriétaires des réseaux sociaux et de législateurs, selon les conclusions du journal.

Dès le 20 décembre, un informateur prévenait ainsi le FBI que des partisans de Donald Trump évoquaient en ligne la façon dont ils pourraient introduire des armes à Washington pour "envahir la police et arrêter des membres du Congrès", selon des documents internes du bureau consultés par le Washington Post.  Pour autant, ces alertes n'auraient pas été prises en compte, révèle le Post évoquant l'"une des plus grandes défaillances en matière de sécurité de l'histoire du pays". 

La police du Capitole était mal préparée

Le quotidien cible également le manque de communication et de préparation de la police du Capitole, pourtant au fait depuis des semaines de ces messages menaçants sur les réseaux sociaux. 

À titre d'illustrations, des boucliers, des casques ainsi que d’autres équipements de "contrôle" de la foule se trouvaient sous clé au moment de l'attaque tandis que des centaines d’agents étaient éloignés du Capitole ou en congé comme initialement prévu.

Donald Trump est resté passif plus de trois heures

Pendant l'assaut lui-même, Donald Trump, devant la télévision, est resté passif trois heures durant (187 minutes précisément), refusant d’intervenir malgré les appels de ses conseillers, ses alliés, de sa fille aînée et des législateurs attaqués.

Il a fallu attendre deux heures pour qu'il envoie quelques tweets "au mieux confus" selon le Washington Post, dans lesquels il désavoue la violence, mais encourage ses partisans à poursuivre leur combat au Capitole. Tout au long de l'assaut, il répète le même mensonge : l'élection a été volée. 

Pressions sur Mike Pence durant toute l'attaque

L’enquête du quotidien américain vient également conforter avec de nouveaux éléments la vaste campagne de pression menée par Donald Trump et son entourage sur le vice-président Mike Pence, chargé de présider la cérémonie où représentants de la Chambre et du Sénat certifient les résultats de l’élection présidentielle.

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Attaque du Capitole : Trump et le FBI incriminés

En pleine attaque du Capitole, l’avocat d’extrême droite du président, John C. Eastman, a ainsi écrit un mail au conseiller de Mike Pence, dans lequel il accuse le vice-président de causer de la violence en refusant de bloquer la certification de la victoire de Biden. Quelques jours avant l’assaut, John C. Eastman avait déjà suggéré à Mike Pence de mettre de côté les votes du collège électoral et de nommer Donald Trump prochain président. Dans un autre message, il lui avait proposé de retarder le décompte des voix afin que les législateurs puissent évaluer plus en détail les allégations de fraude, ce qui pourrait renverser l’avance électorale de Biden en faveur de Trump.

Craintes du Pentagone

L’enquête du Washington Post révèle aussi que les dirigeants du Pentagone (le département de la défense américaine) craignaient des actes de violence généralisée. Certains redoutaient également que Donald Trump n’abuse, pour rester au pouvoir, de la Garde nationale, un ensemble de réservistes mobilisables par le gouvernement en cas de force majeure.

Or, les mesure prises pour faire en sorte de restreindre le nombre de dirigeants en mesure de modifier les missions de la Garde nationale ont contribué, le 6 janvier, à ce que ces troupes soient retardées de plusieurs heures, avant de pouvoir intervenir pour rétablir l'ordre au Capitole. 

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Pour rappel, le 6 janvier, des milliers de partisans du président républicain avaient pris d'assaut le siège du Parlement américain, dans le but de bloquer la victoire électorale du démocrate Joe Biden. Cet assaut ultra violent a fait cinq morts, dont quatre manifestants et un policier, et plus de 140 blessés, essentiellement dans les rangs de la police. Plus tôt dans la journée, Donald Trump avait prononcé un discours devant la foule à quelques centaines de mètres de là, avançant - sans fondement - que l'élection lui avait été volée.

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