"La guerre au Yémen doit cesser" : Joe Biden rompt avec la politique étrangère de Donald Trump

Diplomatie : le discours de rupture de Biden

DIPLOMATIE - Le président américain a mis fin au soutien à la coalition saoudienne au Yémen et gelé le retrait des troupes américaines en Allemagne. Il amorce par ailleurs un changement de ton à l’égard de la Russie.

C’est un chamboulement attendu de la politique internationale des États-Unis. Joe Biden a profité de son premier discours de politique étrangère, au département d’État, pour énoncer les grands principes qui guideront son action. 

Les changements sont notables vis-à-vis de la politique de son prédécesseur. Remettre en cause ce soutien à l'Arabie saoudite, c'est, pour le président américain, bousculer les équilibres des alliances régionales et redessiner la stratégie des États-Unis au Moyen-Orient.

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Biden et Harris à la Maison Blanche

"La guerre au Yémen doit cesser" a martelé le président américain durant tout son discours. Cette guerre, a-t-il déclaré, "a créé une catastrophe humanitaire et stratégique". Afin de juguler le conflit, Joe Biden a annoncé mettre fin à tout soutien américain aux opérations offensives menées au Yémen, "y compris aux ventes d'armes". Concrètement, Washington va annuler la vente controversée à Ryad de "munitions de précision" décidée à la fin du mandat de l'ex-président républicain, qui a toujours soutenu, envers et contre tout, le royaume saoudien, pilier avec Israël de sa politique anti-Iran.

Le 46e président des États-Unis a par ailleurs confirmé qu'il allait "stopper" le retrait partiel des troupes américaines d'Allemagne, le temps d'un "réexamen global de la posture" des forces déployées à l'étranger confié au ministre de la Défense Lloyd Austin. Donald Trump avait annoncé en juin vouloir diminuer grandement, à 25.000 soldats, les forces américaines en Allemagne. Cette décision avait suscité des remous au sein de la classe politique américaine ainsi qu'en Europe, où les alliés de Washington, Berlin en particulier, ont été malmenés pendant les quatre années de mandat du milliardaire new-yorkais.

L'Amérique est de retour, la diplomatie est de retour- Joe Biden, 46e président des Etats-Unis d'Amérique

"L'Amérique est de retour, la diplomatie est de retour", n'a cessé de répéter Joe Biden. "Nous allons rebâtir nos alliances".

Ce premier discours de politique étrangère a été pour lui l'occasion de défendre les valeurs classiques de la diplomatie américaine -- promotion de la démocratie et des droits humains-- délaissées selon lui par Donald Trump. Et pour illustrer ce "retour" du "leadership moral" sur la scène internationale, il a annoncé que les États-Unis accueilleraient dès l'an prochain 125.000 réfugiés dans le cadre du programme de réinstallation, soit une multiplication par huit par rapport aux 15.000 acceptés cette année, un plus bas historique.

Avertissements pour la Russie et la Chine

Le président américain a également profité du moment pour adresser des avertissements à peine voilés à la Russie et à la Chine. Joe Biden a accusé son prédécesseur d'avoir été faible face aux ambitions du président russe Vladimir Poutine. Les États-Unis doivent "être au rendez-vous face à l'avancée de l'autoritarisme, en particulier les ambitions croissantes de la Chine et la volonté de la Russie d'affaiblir notre démocratie", a-t-il lancé. "J'ai clairement dit au président Poutine, d'une façon très différente de mon prédécesseur, que le temps où les États-Unis se soumettaient face aux actes agressifs de la Russie (...) était révolu", a-t-il ajouté.

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Il est toutefois resté silencieux sur les mesures concrètes promises par son conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan pour faire "rendre des comptes" à Moscou. Et n'a quasiment rien dit de sa stratégie face à Pékin, pourtant unanimement considéré comme l'adversaire stratégique numéro un de la première puissance mondiale.

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