Etats-Unis : le condamné à mort agonise pendant 45 minutes

Etats-Unis : le condamné à mort agonise pendant 45 minutes

DirectLCI
PEINE DE MORT – Une exécution a viré à la débâcle mardi soir aux Etats-Unis. Le condamné à mort a agonisé pendant près de 45 minutes dans une prison de l'Oklahoma, après l’expérimentation d'une nouvelle procédure d'injection létale.

L'exécution a tourné au supplice. Clayton Lockett a agonisé pendant trois quart d'heures, mardi 29 avril, dans l'Oklahoma (Etats-Unis). Deux exécutions étaient prévues ce soir-là, avec un nouveau protocole jamais testé auparavant. Ce dernier consistait à injecter trois produits aux condamnés : un sédatif, un anesthésiant et du chlorure de potassium à dose létale. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu.

A 18h23 heure locale, le premier produit est administré à Clayton Lockett, condamné à mort en 2000 pour le viol et le meurtre d'une jeune femme qu'il avait enterrée vivante. Déclaré "inconscient" dix minutes plus tard, les deux autres produits lui sont donc injectés. C'est alors que l'homme s'agite. Le début d'une lente agonie, que les témoins de la scène racontent au New York Times  : le détenu se tord de douleur. Il serre les dents, tente de prononcer quelques mots : "quelque chose ne vas pas".

"Ça ressemblait à de la torture"

Un membre de l'équipe pénitentiaire tire alors les rideaux pour empêcher les témoins de l'événement de voir la suite, rapporte l'agence Associated Press. Selon le directeur de l'administration des prisons d'Oklahoma, Robert Patton, c'est alors qu'un médecin examine le prisonnier et constate qu'une veine a éclaté, empêchant le sédatif d'agir convenablement. "C'était extrêmement difficile de voir ça. Ça ressemblait à de la torture", ont déclaré, à la sortie de la salle d'exécution, les avocats de Clayton Lockett. Le condamné est finalement mort d'une crise cardiaque à 19h06, soit près de trois quart d'heure après le début de l'exécution.

La seconde mise à mort, prévue deux heures plus tard, est immédiatement annulée en attendant un "examen complet de la procédure". L'exécution de Charles Warner, condamné en 1997 pour le viol et le meurtre de la fillette de 11 mois de sa compagne est repoussée de 14 jours. Ce dernier, tout comme Clayton Lockett, réclamaient depuis plusieurs semaines des informations sur les composants du barbiturique mortel qui devait leur être injecté.

La pénurie d'un produit en cause

La scène qui n'est pas sans rappeler le supplice qu'avait connu un condamné à mort au mois de janvier dernier dans l'Ohio. Pendant près d'une demie-heure, Dennis McGuire a suffoqué après l'injection du produit qui, là encore, n'avait jamais été testé auparavant.

En cause : la pénurie de l'anesthésiant le plus courant utilisé pour les exécutions, le penthiobarbital. Depuis que les laboratoires pharmaceutiques européens, sous la pression des associations opposées à la peine de mort, refusent de vendre ce produit, les Etats américains cherchent des composants alternatifs. Et se tournent alors vers de nouveaux fournisseurs, parfois peu scrupuleux, ou de nouveaux produits jamais testés.

De quoi relancer le débat sur la peine de mort dans ces Etats. De plus en plus de condamnés demandent le report de leur exécution, le temps d'établir que ces nouveaux produits ne les feront pas souffrir de façon "cruelle ou inhabituelle", comme l'exige le 8e amendement de la constitution américaine. Le Sénat du Kansas examinerait même l'abolition de la peine capitale pour la remplacer par la réclusion à perpétuité. Aux Etats-Unis, 18 Etats sur 50 ont renoncé à la peine de mort.

Plus d'articles

Sur le même sujet