États-Unis : le sénateur John McCain, héros de la guerre du Vietnam et farouche opposant à Trump, est mort

États-Unis : le sénateur John McCain, héros de la guerre du Vietnam et farouche opposant à Trump, est mort

DISPARITION - Atteint d'un cancer au cerveau depuis de longs mois, le sénateur américain John McCain, 81 ans, est mort dans la nuit de samedi à dimanche. Héros de la guerre du Vietnam et candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2008, le responsable républicain s’était distingué ces derniers temps par des prises de positions hostiles au président Donald Trump, avec qui il entretenait un conflit larvé.

La nouvelle est tombée dans la nuit de samedi à dimanche. Âgé de 81 ans, le sénateur américain John McCain a succombé à un cancer du cerveau, après de longs mois de lutte contre la maladie. Vendredi, sa famille avait annoncé que le responsable républicain avait décidé de mettre un terme à son traitement. "À sa mort, il avait servi fidèlement les États-Unis d'Amérique pendant soixante ans", a déclaré le bureau de McCain dans le communiqué annonçant son décès. Il aurait eu 82 ans le 29 août prochain. 

La fille du vétéran, Meghan McCain, a publié sur son compte Twitter un texte racontant qu'elle était restée aux côtés de son père jusqu'à la fin, "tout comme il était avec moi à mes débuts".

Un héros de la guerre du Vietnam

Tour à tour affable et revêche, John McCain était devenu un personnage public pendant la guerre du Vietnam. Son avion avait été abattu lors d'une mission de bombardement au-dessus de Hanoï, la capitale du Vietnam du Nord. Détenu notamment à la célèbre prison "Hanoï Hilton", il avait été battu et torturé pendant plus de cinq ans. Il en était sorti en mars 1973 avec une infirmité permanente. Fils et petit-fils d'amiraux, il deviendra au cours de sa carrière politique un farouche opposant à la torture, dénonçant la CIA pour ses pratiques d'interrogatoires "musclés" sous la présidence de George W. Bush. Il avait demandé la fermeture de la prison de Guantanamo à Cuba où étaient envoyés les étrangers soupçonnés de terrorisme.

À son retour, il se fait élire à la Chambre des représentants, puis est élu sénateur en 1986, un siège qu'il a conservé depuis, sa dernière réélection, en novembre 2016, ayant été la plus difficile, une partie de l'électorat conservateur ne lui ayant pas pardonné d'avoir critiqué Donald Trump. Loin d'être démoralisé par son échec aux primaires républicaines en 2000 face à George W. Bush, il remporte l'investiture du Grand Old Party huit ans plus tard, mais perd face au démocrate Barack Obama, devenu le premier président noir des États-Unis. Il était ensuite resté au Sénat, sa deuxième maison depuis plus de trois décennies.

Un profond mépris pour Trump

Son bilan au Congrès était conforme à son appartenance au camp conservateur. Il était opposé à l'avortement et partisan d'une augmentation des dépenses militaires. Il avait soutenu la guerre en Irak lancée par George W. Bush en 2003 et critiqué Barack Obama pour ne pas être davantage intervenu dans la guerre civile en Syrie. Il se targuait toutefois d'une réputation de non-conformiste. Ainsi, il n'hésitait pas à voter contre son camp sur des textes concernant l'immigration ou le changement climatique. Affaibli par son cancer, il a fait en sorte de ne pas faire voter un texte de Trump annulant l'Obamacare, la loi emblématique du président Obama qui avait permis à des millions d'Américains d'obtenir une couverture maladie.

D'ailleurs, avant même l'élection du milliardaire américaine à la Maison Blanche, John McCain, qui présidait la Commission de la défense du Sénat, n'hésitait pas à le critiquer ouvertement, le qualifiant de "mal informé" et d'"impulsif". Dans des mémoires publiés en mai 2018, "The Restless Wave", le sénateur de l'Arizona critiquait notamment Donald Trump pour son soutien au président russe Vladimir Poutine et à d'autres dirigeants étrangers qu'il qualifiait de "tyrans". "La flatterie permet d'obtenir son amitié et la critique son inimitié", a écrit McCain.

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Il souhaitait, confiait-il dans ses mémoires, être enterré dans le Maryland, près d'un ancien compagnon militaire, Chuck Larson. John McCain, en conflit larvé avec Trump, avait expressément indiqué ne pas vouloir le voir siéger à ses funérailles. Il laissera l'image d'un homme politique engagé, qui jusqu'au bout aura défendu l'intérêt général et ses convictions.

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