Etats Unis : l'exécution capitale à la peine

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JUSTICE - Trois condamnés à mort américains ont déposé de nouveaux recours ces derniers jours pour suspendre leurs exécutions. En cause : les souffrances endurées par un condamné le 29 avril. Un acte "profondément dérangeant" selon Barack Obama.

Le supplice infligé à Clayton Lockett, le 29 avril dernier, permettra peut-être d'en éviter d'autres. Les 45 minutes d'atroces souffrances subies par ce condamné à mort lors de son exécution ont relancé le débat sur la peine capitale aux Etats Unis . Trois condamnés ont en effet déposé des recours ces derniers jours pour suspendre leur exécution, invoquant les terribles douleurs qu'engendrerait l'expérimentation de nouveaux cocktails mortels.

Parmi eux, Russell Bucklew. Ce détenu - dont l'injection létale est prévue dans deux semaines dans le Missouri - a argué d'une tumeur vasculaire et de troubles circulatoires pour affirmer qu'il endurerait à coup sûr le même calvaire que Clayton Lockett. Il y a, selon son avocat, "un risque important que le produit létal ne circule pas comme prévu dans les veines, retardant l'arrêt du système nerveux central et prolongeant l'exécution ce qui causera sans doute une souffrance insupportable". Même défense du côté de Richard Poplawski, condamné à mort en Pennsylvanie. Il exige de son côté toutes les informations sur l'origine et la provenance du barbiturique que l'Etat compte utiliser pour le faire passer à trépas.

"Une mort inutilement cruelle et douloureuse"

Ces condamnés s'appuient sur le huitième amendement de la Constitution américaine, qui interdit les peines "cruelles et inhabituelles". Mais surtout, ils invoquent les récentes déclarations de Barack Obama : le président américain, s'il est partisan de la peine de mort pour les crimes de haine, avait qualifié de "profondément dérangeante" l'exécution de Clayton Lockett. L'hôte de la Maison Blanche a également ordonné une révision complète des procédures d'exécution dans un pays où les récentes failles dans les méthodes employées par les Etats choquent nombre de citoyens.

En particulier depuis 2010, quand une pénurie de thiopental sodique – le sédatif utilisé pour les injections – les a obligé à trouver d'autres alternatives. Problème : chaque nouveau cocktail a manqué d'efficacité. Des sociétés de préparation en pharmacie ont bien été sollicitées, mais leurs produits ne sont pas agréés par l'Agence fédérale de contrôle des médicaments. La semaine dernière, un rapport rédigé par un comité d'experts a fait du bruit outre-Atlantique. Qu'il s'agisse de l'Arkansas, de la Géorgie ou du Texas les Etats "ont intensifié leurs efforts pour cacher les informations sur la préparation de leurs procédures d'injection létale", souligne cette étude bipartisane qui réclame une réforme profonde de la peine capitale.

Face à cette polémique, certains Etats dont le Texas et l'Oklahoma ont décidé de suspendre les exécutions. Si l'abolition de la peine de mort semblent encore loin, la proportion de partisans de la peine de mort ne cesse de diminuer . Elle avoisine les 60% selon une étude publiée en octobre. Son plus bas niveau depuis 1972.

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