Etats-Unis : mobilisation pour Jeffery Wood, condamné à mort pour un crime qu’il n’a pas commis

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ETATS-UNIS – A une semaine de son exécution, les défenseurs de Jeffery Wood, condamné à mort pour un meurtre perpétré par son complice et auquel il n’a pas assisté, tentent de lui sauver la vie.

Condamné à la peine capitale pour un crime qu’il n’a pas commis. C’est le sort funeste qui attend dans quelques jours le prisonnier Jeffery Wood au Texas, à moins que la mobilisation de ses défenseurs ne lui sauve la vie.

Le cas de ce quadragénaire, dont le quotient intellectuel est comparé à celui d’un enfant, divise aux Etats-Unis. Cet homme n’est en effet pas victime d’une erreur judiciaire en tant que telle, mais il se retrouve dans le couloir de la mort en vertu d’une loi controversée de l’Etat du Texas.

Wood à l’extérieur de la scène de crime

Cette dernière, connue sous le nom de "law of parties", permet de condamner à la même peine un suspect lié à un projet criminel dont l’issue prévisible pourrait être un homicide et l’auteur du crime. C’est ce qui est arrivé à Jeffery Wood, 43 ans vendredi, après son arrestation dans les premiers jours de l’année 1996. Quelques semaines plus tôt, il avait fait la connaissance de Daniel Reneau. Ensemble, ils vont mener un braquage qui va mal tourner dans la petite ville de Kerrville, une localité isolée au nord de San Antonio.

Alors que Wood attend dans une voiture garée près d’une station-service, Reneau pénètre dans la boutique pour dérober le coffre mais le vol dérape, et le braqueur loge une balle entre les deux yeux de l’employé de la station. Wood se précipite alors dans la boutique et démonte, sur les ordres de son complice, le système de vidéo-surveillance. Puis les deux acolytes s’enfuient en emportant avec eux le coffre-fort et le tiroir-caisse.

Un recours déposé devant la Commission des grâces

Grâce aux témoignages recueillis par les policiers, les deux hommes sont rapidement interpellés. Ils seront condamnés à la peine capitale, Reneau pour son crime et Wood en vertu de la "law of parties". Alors que Daniel Reneau a été exécuté en 2002, Jeffery Wood devrait recevoir l’injection létale la semaine prochaine.

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A quelques jours de l’exécution de la sentence, les soutiens du condamné mettent tout en œuvre pour le sauver. L'équipe de défenseurs de Wood a ainsi saisi la cour pénale d'appel du Texas et déposé un autre recours en clémence devant la Commission des grâces et libérations conditionnelles de l'Etat, dont la réponse doit intervenir au plus tard mercredi. Ces derniers espèrent au moins retarder la date fatidique. Une cinquantaine de responsables religieux ont également adressé une lettre de demande de grâce au gouverneur du Texas, Greg Abbott.

"Je n'ai jamais vu qu'on exécute aux Etats-Unis quelqu'un avec un aussi bas niveau de culpabilité", a souligné Kate Black, avocate du condamné, qui affirme que Wood ignorait que son acolyte portait une arme le jour du crime. "Je pense que ce dossier illustre de façon très forte le problème posé par la law of parties", a poursuivi l’avocate.

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