Etats-Unis : pour la première fois, la police inculpe... le profil ADN d'un suspect non identifié

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JUSTICE - Les autorités à Washington ont inculpé mardi un inconnu identifié seulement par son profil génétique, après avoir relevé une concordance d'empreintes ADN lors de viols dans des hôtels.

C'est une première dans l'histoire de la justice américaine. Les autorités ont décidé d'inculper mardi… un inconnu, sur la seule base d'un profil génétique qui a été identifié. Une décision prise après avoir relevé une concordance d'empreintes ADN lors de viols dans des hôtels, et qui va permettre d'éviter la prescription des faits.

Le suspect, activement recherché, a même un surnom : John Doe. Derrière ce pseudonyme se cache un individu qui pourrait avoir agressé sexuellement neuf femmes entre le 22 août 1998 et le 6 février 2006. Dans six de ces affaires, les policiers sont convaincus de l'implication de ce même agresseur, confondu par son ADN. Le mode opératoire suivi est presque toujours le même : John Doe parvient à entrer furtivement dans une chambre d'hôtel où travaille une femme de ménage, qu'il viole avec l'aide d'un cutter, d'une corde ou d'une cravate. Toutes ces agressions se sont produites dans des hôtels de l'agglomération de Washington.

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"L'agresseur n'échappera pas à la justice à la faveur du temps qui s'écoule"

Pour mettre fin à cette série d'agressions, les enquêteurs ont utilisé les données génétiques recueillies sur place, se dispensant – chose rare - de témoignages oculaires, et ont établi un portrait-robot de l'agresseur. Couleur des yeux, des cheveux, morphologie faciale, l'âge estimé et l'ascendance familiale...  les détails sont nombreux. Et aboutissent à un profil bien défini : un homme noir, qui serait trentenaire ou quadragénaire.

En procédant à l'inculpation de ce profil génétique, le procureur de Washington s'offre une prolongation des poursuites, sans craindre l'effet de la prescription pénale, de 15 ans pour de tels crimes. "La loi à Washington nous autorise à inculper un inconnu, sous le pseudonyme de John Doe, à partir du moment où son identité a été établie avec une certitude raisonnable grâce à son profil ADN", a expliqué aux journalistes la procureure fédérale Jessie Liu. "Cela signifie que l'agresseur n'échappera pas à la justice à la faveur du temps qui s'écoule", s'est-elle félicitée. 

L'ADN a permis récemment de relancer de façon spectaculaire plusieurs affaires criminelles emblématiques aux Etats-Unis, avec notamment l'arrestation, grâce à sa lignée généalogique, d'un homme suspecté d'être le "tueur du Golden State" en Californie.

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