Pourquoi Trump a-t-il choisi Theresa May pour sa première réception d’un dirigeant étranger ?

ETATS-UNIS - La cheffe du gouvernement britannique est la première dirigeante à rencontrer le nouvel hôte de la Maison Blanche, ce vendredi. Au programme : renforcer les liens entre les deux pays... et servir leurs intérêts personnels.

Une semaine jour pour jour après son investiture, Donald Trump ouvre la page diplomatique de son mandat. Le républicain s'offre en effet un premier entretien, à la Maison Blanche, avec la Première ministre britannique Theresa May. "Parfois, les contraires s'attirent", a lancé Theresa May, fille de pasteur réservée, avant ce tête-à-tête avec l'exubérant président-milliardaire. Mais leur rencontre ne doit rien au hasard.


Pour Washington comme pour Londres, cette rencontre vise à entretenir l'idée fermement ancrée d'une "relation spéciale" entre les deux capitales. Surtout que cette relation, considérée comme le lien entre les Etats-Unis et l'Europe, est à un moment charnière. La Grande-Bretagne cherche à préserver sa position stratégique, en dépit des attaques de Trump contre l'Otan, dont Londres est un des piliers.

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Poignée de main historique entre la Première ministre Theresa May et Donald Trump

Trump "grand fan des Britanniques"

Plus prosaïquement, le tête-à-tête devrait permettre à Donald Trump de faire valoir son soutien au "Brexit" durant sa campagne. Il a été l'un des très rares dirigeants occidentaux à soutenir la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, le milliardaire voyant des parallèles l'UE avec sa propre campagne d'accession à la Maison Blanche. Il s'était ensuite dit "grand fan des Britanniques" et avait estimé que le Brexit est "une chose géniale" dans une interview accordée mi-janvier à la presse européenne


Alors que le président mexicain, refusant de se faire forcer la main sur le financement du fameux mur entre son pays et les Etats-unis, a annoncé jeudi qu'il annulait sa visite prévue la semaine prochaine à la Maison Blanche, la réception de Theresa May, qui s'annonce particulièrement cordiale, permettra au nouvel occupant du Bureau ovale de montrer aux Américains qu'il peut aussi entretenir des relations apaisées avec ses homologues.

A Theresa May aussi, cette escapade outre Atlantique devrait apporter des bénéfices sur la scène intérieure. Elle montre en effet que la Grande-Bretagne restera "ouverte au monde" une fois sortie de l'Union européenne. Les deux puissances pourront "à nouveau mener (lead) ensemble", a-t-elle estimé jeudi en arrivant à Philadelphie, première étape de son voyage avant Washington.


Diplomatique, la visite de Theresa May est également économique. La Première ministre joue gros, à l'heure où son pays s'apprête à quitter un espace économique de 500 millions de consommateurs. Le Royaume-Uni espère ainsi que les discussions sur un futur accord commercial avec Washington démarreront rapidement. Problème : la situation est bloquée tant que le divorce avec l'Union européenne n'est pas prononcé. Le Royaume-Uni peut "discuter" d'un éventuel accord de libre-échange avec un pays tiers, mais pas "négocier" tant qu'il reste membre de l'UE, lui a fermement rappelé la Commission européenne.

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