"Qui peut dire que cela ne se reproduira pas ?" : l'appel des démocrates à condamner Trump pour éviter une récidive

"Qui peut dire que cela ne se reproduira pas ?" : l'appel des démocrates à condamner Trump pour éviter une récidive

CRAINTE - Après deux jours de plaidoirie, l'accusation démocrate a terminé d'exposer ses arguments jeudi 11 février. Elle a cherché à démontrer, avec son exposé uppercut, l'absolue nécessité de condamner Donald Trump pour "incitation à l'insurrection", pour éviter qu'il ne récidive si un jour il revenait au pouvoir.

"S'il revient au pouvoir et recommence, on ne pourra s'en prendre qu'à nous-mêmes". Après deux jours d'un exposé implacable, truffé d'images choc et inédites de l'assaut meurtrier du Capitole, le 6 janvier dernier, les procureurs démocrates ont exhorté jeudi 11 février les sénateurs à condamner Donald Trump pour "incitation à l'insurrection" lors de la mise à sac du cœur de la démocratie, se disant convaincus que le magnat de l'immobilier récidiverait s'il revenait à la Maison-Blanche.

Le 45e président des États-Unis "savait à quel point la situation était explosive", a lancé Joe Neguse, l'un des procureurs démocrates. "Il a allumé la mèche et l'a lancé directement vers cette enceinte, vers nous", a-t-il poursuivi en direction des 100 sénateurs, juges, jurés, et témoins présents à ce procès historique. "Nous vous demandons humblement de condamner le président Trump pour le délit dont il est incontestablement coupable. Car si vous ne le faites pas, si nous prétendons que cela n'est pas arrivé, ou pire, si nous le laissons passer sans réponse, qui peut dire que cela ne se reproduira pas ?" 

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Le second procès de Donald Trump

L'attaque sanglante fut "l'apogée des actions du président, pas une anomalie", a affirmé Jamie Raskin, qui dirige l'équipe d'élus de la Chambre des représentants chargée de porter l'accusation contre Trump. "Qui, dans cette chambre, peut croire qu'il arrêtera d'inciter à la violence pour parvenir à ses fins, s'il est autorisé à revenir dans le Bureau ovale ?", a-t-il insisté.

"Le grand mensonge" de Trump dénoncé

Des policiers hurlant de douleur, des élus terrifiés, des assaillants menaçants : mêlant des extraits de caméra de surveillance, parfois inédits, aux vidéos mises en ligne par les émeutiers, l'accusation a rappelé aux sénateurs qu'ils avaient eux-mêmes échappés de peu "au pire". Ils ont aussi replacé l'assaut dans le contexte de la croisade post-électorale du 45e président américain. "Le grand mensonge" : c'est ainsi qu'ils ont décrit la longue campagne de désinformation sur l'élection entretenue par Donald Trump qui a répété pendant des semaines, sans preuves, qu'il avait été victime de fraudes électorales massives.

Installé en Floride, ce dernier a refusé de témoigner. Mais sa voix n'a cessé de retentir dans l'hémicycle de la chambre haute du Congrès, où ses accusateurs ont projeté de nombreux extraits de ses discours, et reproduit ses tweets incendiaires. Après l'échec de ses plaintes en justice et de ses multiples pressions sur les agents électoraux des États-clés, "le président Trump s'est retrouvé à court d'options non violentes pour se maintenir au pouvoir", a estimé l'élu Ted Lieu. Et le 6 janvier, il a appelé ses partisans à manifester à Washington, au moment où le Congrès certifiait la victoire de Biden. "Battez-vous comme des diables", leur a-t-il lancé. Quand ils se sont lancés sur le Capitole, "ils pensaient suivre les ordres de leur commandant en chef", a souligné l'élue et procureure Diana DeGette, en citant les propos tenus devant la justice par les dizaines de personnes inculpées.

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Impeachment : Trump accusé d'être l'"incitateur-en-chef" de l'assaut du Capitole

Un procès à l'issue inévitable ?

Resté jusque-là en retrait, Joe Biden a voulu croire jeudi que le procès pourrait changer la donne. "Je pense que certains ont peut-être changé d'avis", a-t-il déclaré à la presse. Sa porte-parole Jen Psaki s'est empressée de préciser qu'il ne s'agissait pas d'une certitude mais d'un reflet de ses émotions. Selon elle, le nouveau président a été "touché" par les vidéos projetées par l'accusation, qui ont rappelé la violence inouïe de l'assaut, et ses propos reflétaient "à quel point il (était) choqué et triste".

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L'exposé des faits, salué par le républicain John Thune, n'a pas fait bouger plusieurs alliés de Donald Trump, comme Lindsey Graham, convaincu que "le vote 'non coupable' en sortirait renforcé". Le milliardaire reste en effet très populaire à droite et il est peu probable que 17 sénateurs de son camp acceptent de voter avec les 50 démocrates pour former la majorité nécessaire à sa condamnation. Il pourrait être acquitté dès les prochains jours. Ce vendredi 12 février, ce sera au tour de la défense de prendre la parole à midi (heure de Washington, 18h à Paris), pour une durée de deux jours maximum. 

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