L'élue complotiste pro-Trump Marjorie Taylor Greene sanctionnée par la Chambre des représentants

MARJORIE TAYLOR GREENE

AMERICA GREAT AGAIN - Les représentants américains ont voté à 230 voix contre 199 en faveur de l'expulsion de l'élue Marjorie Taylor Greene des commissions dans lesquelles elle devait siéger à la Chambre des représentants. En cause : ses multiples débordements depuis plusieurs années.

Marjorie Taylor Greene ne siégera pas dans les commissions qu'elle visait à la Chambre des représentants. Les 219 élus démocrates, accompagnés par 11 représentants républicains, ont décidé ce jeudi de retirer à cette trumpiste radicale ses affectations aux commissions de l'éducation et du budget. En poste depuis le 3 janvier, l'élue de Georgie faisait l'unanimité contre elle. Au sein des démocrates mais aussi des républicains, sa famille politique.

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Il faut dire que, depuis la campagne qu'elle a mené tambours battants en Géorgie, cette femme de 46 ans suscite un rejet profond. En particulier parce qu'elle s'est revendiquée de la mouvance pro-Trump QAnon, ce mouvement complotiste d'extrême droite défendant l'idée que Donald Trump mène une guerre secrète contre une secte mondiale composée de pédophiles satanistes, incarnée en partie par les principales figures démocrates.

Un cancer pour le parti républicain- Mitch McConnell, patron des républicains au Sénat

Peu avant d'être élue, Marjorie Taylor Greene avait également fait parler d'elle car avait "aimé" sur Facebook un commentaire. Ce dernier estimait, rapplle CNN, qu'une "balle dans la tête" de Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, serait la façon la plus rapide de lui faire quitter ses fonctions. Elle avait remis en question l'existence des attentats du 11-Septembre et avait aussi écrit que plusieurs fusillades dans des écoles, dont celles de Parkland (17 morts) et Sandy Hook (27 morts), avaient été mises en scène dans le but de durcir l'encadrement des armes à feu. Elle avait d'ailleurs été filmée, s'en prenant à l'un des survivants de ces tueries. Le 18 janvier, elle avait par ailleurs été suspendue de Twitter, pour avoir dénoncé de prétendues fraudes durant l'élection présidentielle de novembre en Géorgie, comme l'ancien président des États-Unis, Donald Trump.

Pour de nombreux élus, la coupe est pleine. Et jusque dans son propre camp. Le sénateur Mitch McConnell, chef des républicains au Sénat, qui s'est accommodé de Trump pendant quatre ans avant de le mettre à distance suite à son refus de reconnaître sa défaite en novembre, a mis un mouchoir sur l'accord tacite qui veut que le leader d'un groupe politique d'une chambre ne se mêle pas des affaires du groupe de l'autre assemblée. "Quelqu'un qui a suggéré qu'il n'y avait peut-être pas d'avion qui s'était écrasé sur le Pentagone le 11-Septembre, que les épouvantables fusillades dans les écoles avaient été mises en scène, [...] ne vit pas dans le monde réel", a-t-il martelé dans un communiqué. Avant d'estimer que le fait qu'elle prône des "mensonges absurdes" et adhère à des "théories du complot" est "un cancer pour le parti républicain".

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"'Le vrai cancer pour le parti, ce sont les faibles élus républicains qui ne savent faire qu'une seule chose :  perdre élégamment", a réagi l'intéressée sur Twitter. Droite dans ses bottes, l'élue sait qu'elle peut compter sur un soutien de poids : Donald Trump. Celle qui était arrivée le 3 janvier avec un masque "Trump a gagné" a encore affirmé ces dernières heures l'avoir eue au téléphone à propos de ses ennuis à la Chambre.

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Sa proximité avec Donald Trump président, et la prudence des leaders républicains à l'idée de s'éloigner trop vite de l'ancien président, n'ont pas empêché Marjorie Taylor Greene de faire l'objet d'un vote, convenu par les leaders des deux partis, ce jeudi. "Réduire le tort et le déshonneur qu'elle pourrait causer à l'avenir" grâce à ses responsabilités au sein des commissions représente "une restriction nécessaire et appropriée de son influence", a soutenu l'élue Debbie Wasserman Schultz. Et d'appuyer : "Elle demeure un danger clair et immédiat à notre démocratie".

 Pourra-t-elle siéger à la commission de l'Éducation et à celle du Budget ? Affublée d'un masque "Free speech" (liberté d'expression, ndlr), l'élue a tenté de faire amende honorable dans une déclaration préalable au vote, en reconnaissant du bout des lèvres : "J'ai pu croire à des choses qui n'étaient pas vraies [...] et je le regrette". De ses accointances avec Qanon, elle assure s'être débarrassé : "C'étaient des mots du passé qui ne représentent plus mes valeurs". Elle a tout de même accusé les médias d'être "autant coupables que Qanon de présenter des vérités [sic] et des mensonges qui nous divisent".

Lors du vote, tous les élus démocrates se sont prononcés en faveur de son éviction. Ces 219 élus ont été rejoints par 11 élus républicains, en dépit de l'opposition de leur leader, Kevin McCarthy, qui y voyait "un abus de pouvoir" de la part de la majorité. 199 élus républicains se sont opposés à son éviction.

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