Etats-Unis : que sait-on de l'affaire Daniel Prude, mort étouffé après son arrestation ?

[Attention, images choquantes] La colère gronde aux Etats-Unis, alors qu’une nouvelle bavure policière vient d’être dévoilée : celle de Daniel Prude, un Afro-Américain père de 5 enfants mort asphyxié après que des policiers ont placé sur sa tête un sac en toile. Une enquête a été ouverte.

INDIGNATION - La colère gronde aux Etats-Unis, alors qu’une nouvelle bavure policière vient d’être dévoilée : celle de Daniel Prude, un Afro-Américain mort asphyxié après que des policiers ont placé sur sa tête un sac en toile. Retour sur les faits, qui datent de mars dernier.

Trois mois et demi après la mort de George Floyd à Minneapolis, un nouveau cas de brutalité policière à l’encontre d’un homme noir, Daniel Prude, a fait redescendre des centaines d’Américains dans les rues ce jeudi. 

L’affaire remonte au 23 mars dernier et les images diffusées le mercredi 2 septembre sont insoutenables. On y voit l’interpellation de Daniel Prude, un Afro-américain de 41 ans, qui décédera quelques jours après qu’un groupe de policiers lui a mis une cagoule sur la tête, à Rochester, dans l'Etat de New York.

Toute l'info sur

Mort de George Floyd : l'indignation mondiale

Que s’est-il passé la nuit du 23 mars à Rochester ?

Ce jour-là, les policiers étaient intervenus après un appel d'urgence passé par le frère de la victime, prise d'une crise causée par des troubles psychologiques. Une fois sur place, la patrouille trouve Daniel Prude allongé à même l'asphalte en pleine rue, nu, et le menotte. Père de cinq enfants et habitant Chicago, il était venu à Rochester pour rendre visite à son frère. Alors que l'homme de 41 ans tient des propos incohérents, un agent lui place une cagoule blanche sur la tête. Cette capuche de toile, appelée "spit hood" (littéralement, "capuche à crachat" en français), vise à éviter qu'un des policiers ne reçoive de la salive, car l'homme crache et affirme avoir le coronavirus, à en croire le témoignage de l'un des agents. 

La suite parle d'elle-même : un des officiers place alors ses deux mains sur la capuche et demande à la victime de se calmer pendant qu'un autre lui plaque son genou dans le dos. "Vous essayez de me tuer !" peut-on entendre Daniel Prude crier sur les images issues des caméras-piétons des policiers, juste avant de perdre connaissance. Tombé dans le coma, Daniel Prude est mort une semaine plus tard, après avoir été hospitalisé. L'institut médico-légal a conclu, après autopsie, que le décès relevait d'un homicide, lié à une "asphyxie consécutive à une contrainte physique". 

Pourquoi les images ne sont-elles diffusées que maintenant ?

L'incident refait surface car son enregistrement vidéo par les mini-caméras portées par les agents de police a été rendu public mercredi, après une demande formelle de la famille pour obtenir copie des images. Le mercredi 2 septembre, lors de la conférence de presse où la diffusion a eu lieu, le frère de la victime, Joe Prude, a notamment rappelé les circonstances du drame en indiquant que c’était lui-même qui avait contacté la police pour l’aider à retrouver son frère qui était atteint de troubles mentaux et avait disparu. 

"Ils ont traité mon frère comme un animal", s'est-il insurgé. "J'ai passé un appel pour que mon frère reçoive de l'aide, pas pour qu'il soit lynché", a-t-il également dénoncé. Pour lui, il s'agit d'un "meurtre de sang-froid". "Combien de frères (noirs) devront encore mourir pour que la société comprenne qu'il faut que ça s'arrête ?", a-t-il lancé devant la presse.

Une enquête dont les conclusions tardent

Le jour-même de la diffusion de la vidéo, la maire de Rochester, Lovely Warren, qui est afro-américaine, a annoncé la suspension des sept policiers présents lors de l'interpellation. "Quand j'ai vu la vidéo, j'ai été très choquée", a commenté l'édile, qui a indiqué que le dossier avait été confié aux services de la procureure de l'Etat de New York dès les heures qui ont suivi l'interpellation. "Depuis, nous attendons qu'(ils) décident de la marche à suivre (...) Malheureusement, cela a pris du temps", a-t-elle expliqué. 

La procureure de l'Etat de New York, Letitia James, a confirmé jeudi l’existence d’une enquête sur les circonstances de l'interpellation, sans préciser où en étaient ses investigations. "Nous travaillerons sans relâche pour garantir la transparence et établir les responsabilités éventuelles", a-t-elle expliqué. De son côté, le chef de la police de la ville, La'Ron Singletary, qui est noir, a assuré qu'il n'avait jamais été question de "couvrir" l'incident.

Le spectre de la mort de Georges Floyd

Ce nouveau drame n’est pas sans rappeler celui de l’agonie de George Floyd à Minneapolis. Il vient raviver les braises encore fumantes du mouvement de protestation contre le racisme et les violences policières. La diffusion de ces images-choc a ainsi provoqué deux nuits de manifestations tendues à Rochester. Des rassemblements ont également eu lieu jeudi à New York, devenu l'épicentre du mouvement "Black Lives Matter" ("Les vies noires comptent", en français).

Cette nouvelle affaire survient également deux semaines après l'affaire Jacob Blake, un afro-américain de 29 ans et père de famille qui a été grièvement blessé de plusieurs balles dans le dos par une patrouille de police à Kenosha, dans l'Etat du Midwest du Wisconsin, le 23 août dernier. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Emmanuel Macron se dit "tout à fait favorable" à la levée des brevets sur les vaccins

Météo estivale pour quasiment tout le monde ce week-end, des pointes à 32°C attendues !

Avignon : un policier tué par balles dans le centre-ville, le tireur en fuite

Disney : le baiser de Blanche-Neige fait polémique

EN DIRECT - Procès de Lelandais : "Quand il est énervé, il peut faire peur", raconte Anouchka, une de ses ex-compagnes

Lire et commenter

LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies. > En savoir plus.