Etats-Unis : un condamné à mort se clamant innocent obtient un sursis quelques heures à peine avant son exécution

Etats-Unis : un condamné à mort se clamant innocent obtient un sursis quelques heures à peine avant son exécution

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IN EXTREMIS - Ce mardi soir, Marcellus Williams, détenu dans le Missouri a échappé de peu à son exécution. Suite à un ultime recours de ses avocats, le gouverneur de l'Etat américain suspendu sa peine et a institué une commission d'enquête chargée d'examiner son cas.

La délivrance après une terrible attente. Dans les couloirs de la mort, le détenu Marcellus Williams a reçu une des plus belles nouvelles de sa vie. Quelques heures seulement avant son exécution prévue dans la nuit de mardi à mercredi, le gouverneur de l'Etat américain du Missouri a suspendu la peine et institué une commission d'enquête chargée d'examiner le cas de cet homme noir condamné à mort. Dans un communiqué, Eric Greitens a justifié sa décision : "La peine capitale est le châtiment ultime et permanent. Pour procéder à une mise à mort, la population du Missouri doit avoir pleine confiance dans le jugement de culpabilité". Un sursis inattendu mais tant espéré par le détenu, qui clame son innocence depuis deux décennies pour le meurtre d’une journaliste blanche. 

L’ADN d’un autre homme sur l’arme du crime selon ses avocats

Accusé à tort selon ses avocats, ceux-ci avaient lancé un recours de la dernière chance devant la Cour suprême à Washington. D'après les procureurs du Missouri, suite à un cambriolage qui aurait mal tourné, l’accusé aurait poignardé la victime à 43 reprises en août 1998. Lors de l’enquête, la police avait trouvé dans son véhicule une règle et une calculette appartenant à la femme tuée. Lors de son procès en 2001, deux témoignages avait permis de le condamner. Il s’agissait de ceux d’un détenu ayant partagé sa cellule et de son ex-compagne. D’après ses avocats, une récente analyse ADN réalisée sur l’arme du crime a permis de développer un profil masculin qui ne correspond pas à Marcellus Williams.


Des échantillons capillaires prélevés sur le théâtre du crime sont également selon eux différents de ceux du condamné, ainsi que des empreintes de chaussures. "L'ADN est irréfutable, il ne peut pas se tromper, tandis qu'un témoin oculaire peut se fourvoyer, un indic en prison peut mentir, ce que nous affirmons en l'espèce. Quant aux éléments de preuve indirects, ils peuvent s'expliquer de façon simple", a affirmé l'avocat à l’AFP.

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