États-Unis : un candidat ultraconservateur au Sénat accusé d'attouchements sur une mineure

États-Unis : un candidat ultraconservateur au Sénat accusé d'attouchements sur une mineure

DirectLCI
CLAQUE - Des responsables et élus républicains ont appelé jeudi leur candidat au Sénat dans l'Alabama, le magistrat ultra-conservateur et héros de la droite religieuse Roy Moore, à se retirer de la course. Il a été accusé d'attouchements sur une adolescente. Les faits remonteraient à 1979.

Il est le champion de la droite religieuse et des ultraconservateurs pour la prochaine élection sénatoriale en Alabama. Roy Moore est celui qui a battu lors de la primaire le candidat adoubé par Donald Trump. Il est aussi depuis le jeudi 9 novembre accusé d'attouchements sexuels sur une mineure âgée de 14 ans au moment des faits. 


Leigh Corfman a raconté en détail au Washington Post comment Roy Moore, alors substitut du procureur de 32 ans, l'avait invitée et emmenée chez lui à plusieurs reprises en 1979. Lors du premier rendez-vous, il l'aurait embrassée. La deuxième fois, il lui aurait retiré son chemisier et son pantalon. Selon elle, il s'est lui-même déshabillé pour n'être plus qu'en sous-vêtements, avant de la toucher à travers son soutien-gorge et ses sous-vêtements. Il aurait ensuite pris sa main pour tenter, en vain, de lui faire toucher son slip à lui. "Je n'étais pas prête pour ça, je n'avais jamais posé la main sur le pénis d'un homme, surtout en érection", a raconté Leigh Corfman. Elle lui aurait alors demandé de la ramener chez elle, c'est ce qu'il a fait. Le Washington Post a également obtenu le témoignage de trois autres femmes, âgées alors de 14 à 18 ans. Elles ont raconté que Roy Moore, toujours trentenaire à l'époque, leur avait fait la cour. Deux d'entre elles ont indiqué que leur relation avec le magistrat n'était jamais allée plus loin que les baisers et les étreintes. 

Homophobe, islamophobe, défenseur du port d'armes

Roy Moore, 70 ans, marié et père de quatre enfants, a dénoncé dans un communiqué des accusations "complètement fausses, une attaque politique désespérée du Parti démocrate et du Washington Post pour peser sur la campagne". Son équipe a relégué l'article au rang de "fake news". Connu pour ses positions anti-LGBT et islamophobe, Roy Moore, à qui Le Figaro consacrait un portrait le 29 septembre, a par deux fois été suspendu de son poste de président de la Cour suprême d'Alabama. Une première fois en 2003 pour avoir fait ériger et avoir refusé de retirer un monument à la gloire des Dix commandements au sein même du bâtiment de justice de l'Etat. Une seconde fois en 2016 pour avoir refusé la mise en application en Alabama de la reconnaissance du mariage homosexuel. Grand défenseur du port d'armes, il est aussi celui a qui a brandi une arme à feu lors d'un meeting en septembre dernier. 


Évangéliste acharné, il veut réintroduire, une fois élu, la religion chrétienne dans les instances de l'État. Il a par ailleurs déclaré en juillet lors d'un meeting que l'islam était une "fausse religion". 

Lâché par les républicains

Mais à un mois de l'élection sénatoriale de l'Alabama, le 12 décembre, qui désignera le remplaçant de Jeff Sessions nommé ministre de la Justice, les chefs républicains ne veulent prendre aucun risque, qui plus est avec un candidat auquel ils s'étaient opposés lors des primaires. "Si ces allégations sont vraies, il doit se retirer", a déclaré le chef de la majorité sénatoriale, Mitch McConnell, tandis que de nombreux sénateurs républicains ont appelé le magistrat à se retirer sans attendre. La Maison Blanche y est allé de son commentaire, jugeant que "Roy Moore prendrait la bonne décision et s'écarterait" si les accusations étaient fondées. "Il doit immédiatement se retirer et permettre aux habitants de l'Alabama d'élire un candidat dont ils sont fiers", a déclaré le vétéran et opposant à Trump John McCain. Les républicains sont généralement ultra-favoris dans l'Alabama, et Roy Moore était en tête des sondages contre le démocrate Doug Jones. La perte d'un siège républicain à la chambre haute du Congrès y réduirait à une seule voix la majorité républicaine (de 52 à 51 sièges sur 100). 

Selon le Washington Post, il n'est plus possible légalement de changer le nom du candidat sur les bulletins de vote, mais le parti local a le pouvoir de disqualifier Roy Moore, et pourrait appeler ses électeurs à inscrire à la main le nom d'un autre candidat. Le remplaçant naturel serait Luther Strange, actuel sénateur battu aux primaires par Roy Moore.

Plus d'articles

Sur le même sujet