Etats-Unis : sa peine commuée par Donald Trump, Roger Stone est "libre"

Roger Stone quitte la cour fédérale à Washington, en février 2020.

INGÉRENCE RUSSE - La Maison Blanche a annoncé vendredi l'action de Donald Trump en faveur de ce proche du président, condamné en février à 40 mois de prison pour mensonges devant le Congrès et de subordination de témoin.

"Une sentence injuste", "des enquêtes sans fin et grotesques", "des procureurs trop zélés", même des "chasses aux sorcières" : c’est par des mots tranchés que la Maison blanche a annoncé, ce vendredi 10 juillet, la commutation de la peine de Roger Stone, décidée par Donald Trump à une semaine de son commencement. 

Condamné en février à 40 mois de prison dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle, l’ami du président américain est donc désormais "un homme libre". 

En novembre, celui qui se décrit lui-même comme un "habitué des coups fourrés" a été reconnu coupable de mensonges devant le Congrès et de subordination de témoin. "Roger Stone est une victime du canular russe que la gauche et ses alliés dans les médias ont perpétué pendant des années pour tenter de saper la présidence de Trump", estime la Maison blanche dans un communiqué. Le conseiller politique de 67 ans s’est déclaré, par le biais de son avocat, "incroyablement honoré" de "cet acte de clémence".

Les parlementaires démocrates Jerry Nadler et Carolyn Maloney y décèlent de leur côté un "abus de pouvoir" ou une "corruption éhontée". "Aucun autre président n'a usé de son droit de clémence pour une raison aussi clairement personnelle et intéressée", se sont indignés dans un communiqué les présidents des commissions judiciaire et de supervision de la Chambre des représentants.

Dans la journée de samedi, l'attaque est venue du camp républicain : le sénateur Mitt Romney a dénoncé sur Twitter une "corruption historique, sans précédent". "Un président américain commue la peine de prison d'une personne condamnée par un jury pour avoir menti afin de protéger ce même président", note-t-il. Le candidat à la présidentielle de 2012 est le seul membre du parti à avoir voté, en février, en faveur de la destitution de Donald Trump. Il s'agit également la première figure du Grand Old Party à exprimer publiquement son opposition à la décision du président.

L’enquête avait montré que Roger Stone avait menti sur ses contacts avec l'organisation WikiLeaks à propos des e-mails démocrates piratés lors de la campagne de 2016, dans l’optique de préserver Donald Trump. Rapidement, ce dernier avait fait état de son intention de gracier son ancien collaborateur, critiquant dans des tweets les recommandations des procureurs en charge de l’instruction. Renvoyé au principe de la séparation des pouvoirs, il s’était défendu de toute action répréhensible, dénonçant une "situation très injuste" et une "erreur judiciaire".

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