Colis piégés en série à Austin : "On ne peut pas compter sur la police, donc au lieu d'avoir peur, on est vigilants"

Colis piégés en série à Austin : "On ne peut pas compter sur la police, donc au lieu d'avoir peur, on est vigilants"

DirectLCI
TEMOIGNAGE - Une série de colis piégés, déposés dans un quartier où vivent en majorité des Afro-américains et des hispaniques, a fait deux morts à Austin, Texas. Alors que les autorités privilégient à présent la piste d'un crime de haine, les habitants de l'Eastside s'entraident et ouvrent l’œil, réticents à faire confiance à la police.

Deux morts en dix jours. A Austin au Texas, des colis piégés déposés devant des habitations de l'est de la ville ont tué un homme de 39 ans, le 2 mars dernier, et un adolescent de 17 ans, dix jours plus tard. Les explosions ont fait plusieurs blessés, dont une dame de 75 ans qui se trouve actuellement entre la vie et la mort. Le point commun entre ces victimes ? Elles vivent dans l'Eastside et sont afro-américaines ou hispaniques.


Alors que la police d'Austin est persuadée, depuis la dernière explosion en date, que les deux crimes sont liés et pourraient avoir une motivation raciste, nous avons voulu prendre la température dans ce quartier clairement visé par ces bombes. Adam Martinez, professeur, est né et a grandi à Austin, Texas. Il vit aujourd'hui dans ce quartier de l'Eastside. Il décrit sur place une "atmosphère plutôt tranquille, à la cool, en raison du festival SXSW (qui a débuté le 9 mars, ndlr)". "Mais la plupart des gens qui y assistent ne sont pas d'ici, et ils se fichent pas mal de ce qui peut arriver aux gens de couleur dans l'Eastside" ajoute-t-il.

Les gens de couleur restent vigilants et en colèreAdam

Dans les quartiers visés, pour autant, "il n'y a pas d'hystérie, pas de panique". "Mais les voisins et les amis se sont rapprochés" détaille Adam. "Au moins, celui qui pose les bombes - quel qu'il soit - doit hésiter à remettre ça, avec les gens qui surveillent les rues." Le plus alarmant, selon lui, est "le peu d'informations dont disposent la police et les médias. Dix jours se sont écoulés depuis la dernière bombe, sans qu'on ne trouve un suspect. Résultat : deux blessés et un autre mort. (...) Vivre dans l'Eastside, c'était déjà vivre dans la précarité, et maintenant c'est une zone de guerre" dit-il.


Des crimes de haine dans un quartier où les relations sont déjà tendues entre la population et les autorités ? Voilà ce qui semble se passer aujourd'hui dans l'Eastside - rendant la situation d'autant plus sensible. "Comme dans tous les quartiers noirs et latino aux Etats-Unis, les policiers ne sont pas vus en amis" nous explique Adam. "Mais les gens de couleur restent vigilants et en colère. Beaucoup d'entre nous pensent qu'on ne peut pas compter sur la police ou la justice, donc au lieu d'avoir peur, on est vigilants."

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter