États-Unis : l'autopsie publique d'un homme décédé du Covid, à 500 dollars la place, fait polémique

Les Essentiels du 4 novembre à 12h47

CONTROVERSE - Une démonstration d'autopsie sur le corps d'un homme décédé du Covid-19, à laquelle ont pris part environ 70 spectateurs dans le nord-ouest des États-Unis, faisait polémique mercredi. Explications.

Environ 70 spectateurs ont déboursé le mois dernier jusqu'à 500 dollars pour assister en direct, dans un grand hôtel de Portland (Oregon), à la dissection du corps d'un homme de 98 ans mort du Covid par un anatomiste à la retraite. Cette démonstration publique d'autopsie, organisée dans le nord-ouest des États-Unis, faisait polémique mercredi.

Mais les organisateurs ont assuré que l'événement avait un but strictement "éducatif".

"Très pédagogique"

Dans le détail, au cours d'une démonstration de plusieurs heures, le Dr Colin Henderson a prélevé les organes du défunt, dont son cerveau, expliquant les différentes étapes de cette procédure qu'il a pratiquée durant toute sa carrière, selon la chaîne de télévision locale King 5. Sur les images de la chaîne, on peut voir certains spectateurs enfiler des gants chirurgicaux avant de manipuler le cadavre.

"C'était très pédagogique", a déclaré à cette télévision une spectatrice, Monica, jugeant que "tout a été fait dans le respect de la personne qui a donné son corps". Selon King 5, la famille du défunt, David Saunders, n'avait toutefois pas été informée que le corps légué à la science servirait à ce genre d'exhibition payante.

"Accès au cadavre"

L'événement a été organisé par Death Science, qui se présente comme "une plateforme d'éducation indépendante". Les billets pour cette journée du 17 octobre à Portland annonçait "une autopsie médico-légale sur un cadavre complet". Devait suivre une "dissection anatomique qui offrira(it) un regard unique sur ce qui se trouve sous notre peau, dans notre corps et comment tout cela fonctionne ensemble". Le programme promettait en outre un "accès au cadavre avant, après et pendant les pauses".

Le fondateur de Death Science, Jeremy Ciliberto, a déclaré dans un communiqué à l'AFP que l'événement visait à "créer une expérience éducative pour les personnes qui veulent en savoir plus sur l'anatomie humaine".

"Nous ne savions pas du tout"

Le corps avait été fourni par Med Ed Labs, société basée à Las Vegas qui, selon son site internet, collecte des corps légués à la science. Selon King 5, qui cite la société de pompes funèbres de Louisiane ayant pris en charge le corps de David Saunders après son décès, la famille pensait qu'il servirait à la recherche médicale. Jeremy Ciliberto a assuré ne pas être informé des éventuels accords entre la famille et la société Med Ed Labs. Cette dernière lui avait dit "que le cadavre avait été donné pour des fins scientifiques, médicales et éducatives", assure-t-il.

"Nous ne savions pas du tout" que la dissection de David Saunders se déroulerait dans le cadre d'un tel événement public et payant, et non à destination d'étudiants ou de professionnels de santé, a assuré l'un des responsables de Med Ed Labs, Obteen Nassiri.

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Med Ed Labs n'aurait jamais fourni un corps "si nous avions su" et ne travaillera plus avec Death Science, a-t-il assuré. Obteen Nassiri a indiqué s'être entretenu avec la famille du défunt et "nous allons assumer l'entière responsabilité et l'intégralité des coûts pour le retour du corps à sa famille et sa crémation".

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