Etats-Unis : discriminée à cause de son âge, elle reçoit une indemnisation record de 28 millions de dollars

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SANCTION – Une entreprise californienne a été lourdement condamnée pour avoir poussé à la démission une quinquagénaire avant de la remplacer par un jeune employé. La justice a entendu la plainte et compris le stress occasionné en lui octroyant des dommages et intérêts record.

C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe. Un adage que semble oublier certaines entreprises vis-à-vis de leurs salariés. Ainsi, une femme de 58 ans vient de se voir octroyer la bagatelle de 28 millions de dollars par un tribunal de Los Angeles. Une somme ahurissante pour dommages et intérêts à une victime de discrimination… liée à son âge.

C’est tout simplement un record dans l’histoire judiciaire de la cité californienne, a indiqué son avocat, qui s’était déjà illustré par le passé en permettant à l’un de ses clients de repartir avec 26,1 millions de dollars après une plainte pour licenciement abusif et discrimination sur l'âge contre le géant de la fourniture de bureau Staples en 2014.

"Je n'aurais jamais espéré cela", a expliqué Codie Rael en sortant du tribunal. Ses anciens employeurs chez Sybron Dental Specialties et KaVo Kerr Group, filiales de la société de technologie médicale américaine Danaher, ont ainsi été reconnus coupables de l’avoir forcée à démissionner après une série de mesures de harcèlement.

Remplacée par un jeune de 20 ans

La quinquagénaire a travaillé de longues années en tant qu’acheteuse de matériaux pour Sybron et KaVo Kerr, sur plusieurs sites dans l’état de Californie. Les dernières années, jusqu’à sa démission en octobre 2014, elle a ainsi dû essuyer de nombreuses remarques comme quoi elle était "dépassée" ou qu’elle était une "femme stupide", comme lui avait lancé son supérieur hiérarchique et le patron de ce dernier. Sa direction avait également déclaré que l’entreprise avait besoin "d’employés plus jeunes ici".

Des sources de stress qui l’ont donc poussée à quitter l’entreprise. Et celle-ci n’a pas tardé à la remplacer par un jeune homme d’une vingtaine d’années, a-t-elle indiqué dans sa plainte. Le jury l’a entendue et a reconnu qu’elle avait été contrainte à la démission en raison de discrimination à cause de son âge et de mesures de rétorsion avec intention de nuire de la part de ses employeurs. A 58 ans, elle peut donc voir venir la retraite et au-delà paisiblement.

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