Joe Biden vante le bilan de ses 100 premiers jours à la Maison Blanche et se voit (déjà) candidat en 2024

Joe Biden vante le bilan de ses 100 premiers jours à la Maison Blanche et se voit (déjà) candidat en 2024

DISCOURS - Joe Biden a défendu ce jeudi le bilan de ses deux premiers mois à la Maison Blanche lors d'une conférence de presse très attendue. Le président américain s'est notamment concentré sur la campagne de vaccination qu'il promet d'accélérer alors que la pandémie a fait 545.000 morts aux États-Unis.

"J'ai été élu pour résoudre les problèmes, pas pour créer la division". Joe Biden, 78 ans, est bien décidé à marteler ses priorités devant les quelques journalistes, Covid oblige, venus l'écouter défendre le bilan de ses 100 premiers jours à la Maison Blanche. Il faut dire que le président américain a attendu beaucoup plus longtemps que ses prédécesseurs pour se livrer à cet exercice potentiellement périlleux, organisé dans la prestigieuse "East Room". Et cette réticence de cet homme connu pour ses gaffes, et dont l'état de santé fait l'objet d'interrogations récurrentes, avait alimenté les attaques de certains de ses opposants, qui raillent un président surprotégé par ses équipes. 

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Nous aurons procédé à 200 millions d'injections d'ici mon centième jour en fonction.- Joe Biden

Pour autant, pendant une heure, Joe Biden a semblé maîtriser ses dossiers, sans toutefois faire d'annonce majeure, alors que plusieurs crises ont contrarié ces derniers jours sa communication, notamment deux fusillades meurtrières successives, en Géorgie puis dans le Colorado. Il était attendu sur deux dossiers majeurs qui préoccupent les Américains : le Covid-19 et la crise économique. "C'est pour cela que je me suis concentré au début sur ces problèmes particuliers", a-t-il expliqué, en vantant son gigantesque plan de relance de 1900 milliards de dollars et une campagne de vaccination efficace. 

Alors que son objectif initial de 100 millions de doses administrées au cours des 100 premiers jours de son mandat a été atteint dès le 58e jour, le président américain a revu son ambition à la hausse pour accélérer la lutte contre la pandémie qui a fait 545.000 morts aux États-Unis. "Nous aurons procédé à 200 millions d'injections d'ici mon centième jour en fonction", a-t-il promis. "Je sais que c'est ambitieux. Deux fois notre objectif initial. Mais aucun autre pays au monde ne s'est approché, loin s'en faut, de ce que nous faisons. Je crois que nous pouvons le faire", a-t-il ajouté.

La Maison Blanche a par ailleurs annoncé la mise en place d'un plan de 10 milliards de dollars pour corriger les inégalités d'accès au vaccin, dont souffrent notamment les minorités ethniques. L'objectif est d'atteindre "les populations les plus durement touchées et les plus vulnérables, les populations les plus à risque en raison du virus", a déclaré Joe Biden. 

Biden relativise l'afflux de migrants à la frontière du Mexique

Mais l'essentiel des questions des journalistes ont porté sur ce que les Républicains et une bonne partie des médias décrivent comme une "crise" à la frontière avec le Mexique. Et notamment sur le sort des 15.500 mineurs étrangers isolés dont les autorités américaines ont la charge, dont près de 5000 hébergés dans des locaux qui n'ont pas vocation à accueillir des enfants. Le 46e président a d'abord ironisé, "les gens viennent parce que je suis un mec sympa", a-t-il lancé, avant de relativiser l'afflux de migrants. "Chaque année, il y a une augmentation importante des arrivées à la frontière l'hiver", parce que les migrants "ont moins de chances de mourir de chaleur dans le désert", a-t-il estimé, après avoir confié mercredi à sa vice-présidente Kamala Harris la gestion de ce dossier ultrasensible.

Aux républicains qui l'accusent d'avoir encouragé un appel d'air en assouplissant la politique migratoire de son prédécesseur Donald Trump, il a rétorqué sèchement : "Je ne vais pas m'excuser d'avoir aboli des politiques que violaient le droit international et la dignité humaine". "La crise à la frontière n'est pas seulement saisonnière", a répliqué le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell, rappelant que, de l'aveu même du gouvernement, la frontière sud était confrontée à un afflux inédit depuis 20 ans.

Pas de "confrontation" avec la Chine

Le président de la première puissance mondiale était aussi attendu sur le front diplomatique. Sans dévoiler sa décision finale, il a laissé entendre qu'il ne respecterait pas la date butoir du 1er mai pour le retrait de toutes les forces américaines d'Afghanistan, négociée par Donald Trump avec les talibans. Mais "ce n'est pas mon intention de rester là-bas longtemps", a-t-il ajouté, jugeant peu probable qu'il reste des troupes américaines sur place l'an prochain.

A la Corée du Nord, qui vient de tirer deux missiles balistiques, il a lancé un avertissement : "Il y aura des réponses s'ils choisissent l'escalade", a-t-il mis en garde, et s'est dit prêt "à une certaine forme de diplomatie" avec Pyongyang, "mais soumise à la condition de la dénucléarisation".

Enfin, il a réaffirmé qu'il ne voulait pas de "confrontation" avec la Chine, mais plutôt "une compétition dure", une semaine après un premier échange très musclé entre son équipe et les chefs de la diplomatie chinoise.

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Quant à savoir s'il envisagerait de se représenter en 2024 - alors qu'il est souvent dépeint comme le président d'un seul mandat - Joe Biden a été plutôt direct : "La réponse est oui, je prévois de me présenter à ma réélection. C'est ce à quoi je m'attends", a-t-il déclaré, tout en nuançant sa réponse affirmant respecter "le destin" : "Je ne sais pas d'où vous venez (...) mais moi j'ai un grand respect pour le destin. Je n'ai jamais pu planifier avec certitude quatre ans et demi, trois ans et demi en avance", a-t-il dit, plaisantant sur son arrivée au Sénat "il y a 120 ans" pour tourner en dérision les inquiétudes sur son âge. Une seule certitude, il a promis que dans ce cas sa vice-présidente Kamala Harris serait de nouveau sa colistière.

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